
La Thaïlande et le Cambodge ont conclu samedi un cessez-le-feu immédiat dans leur conflit frontalier qui a fait en trois semaines au moins 47 morts et près d’un million de déplacés.
Dans une déclaration on conjointe signée par les ministres de la Défense des deux pays, les deux parties ont annoncé l’entrée en vigueur de la trêve samedi à 12H00 et indiqué convenir “de permettre aux civils résidant dans les zones frontalières affectées de rentrer chez eux dans les plus brefs délais”.
Le texte évoque par ailleurs le gel des positions militaires, le déminage des régions frontalières, une coopération policière pour lutter contre la cybercriminalité et la libération par Bangkok de 18 soldats cambodgiens après 72 heures de cessez-le-feu effectif.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a salué un “pas positif vers l’allègement des souffrances des civils”, et a dit espérer “l’instauration d’une paix durable”.
“Les communautés et les migrants touchés doivent recevoir toute l’aide nécessaire pour rentrer chez eux en sécurité”, a souligné le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk.
Des centaines de milliers de personnes ont été évacuées de part et d’autre de la frontière contestée depuis la reprise des combats le 7 décembre.
“S’ils arrêtent de se battre dès maintenant, je serai très heureuse car les gens pourront rentrer chez eux”, a dit à l’AFP Oeum Raksmey, une déplacée cambodgienne de 22 ans. “Mais je n’ose pas encore rentrer chez moi. J’ai toujours peur. Je ne fais pas confiance aux Thaïlandais”.
“Ce cessez-le-feu constitue une porte vers une solution pacifique”, a commenté le ministre thaïlandais de la Défense, Natthaphon Narkphanit, affirmant partager la “colère”, la “douleur” et les “inquiétudes” de sa population.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a salué l’accord dans un communiqué et appelé les deux parties “à immédiatement respecter cet engagement”.
L’Union européenne a appelé “les deux parties à l’appliquer de bonne foi”.