Sa retraite, ses erreurs, ses astuces politiques...Juncker se confie dans le journal allemand Der Spiegel

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Jean-Claude Juncker a donné une interview au Spiegel, dans laquelle il revient sur ses longues années de politique.
© VIRGINIA MAYO / POOL / AFP

Quelques jours après l’annonce de son opération chirurgicale, Jean-Claude Juncker s’est longuement confié au journal allemand Der Spiegel. De sa retraite imminente à son éloignement du Brexit, le politicien luxembourgeois revient sur ses dernières années à la tête de l’Europe.

L’ÉCHEC DU BREXIT

Toujours déçu et amer de ne pas avoir été plus actif sur le départ du Royaume-Uni, le président de la Commission se rappelle tout de même qu’à leur arrivée, les Britanniques ont souhaité “rejoindre l’Europe pour des raisons économiques”. “Donc 40 ans plus tard, on ne peut pas s’étonner du résultat du référendum sur le Brexit.” Un résultat auquel Jean-Claude Juncker estime avoir en partie contribué en manquant d’implication. “David Cameron m’avait fait clairement comprendre que ce n’était pas la peine. La Commission est encore moins populaire qu Royaume-Uni qu’elle ne l’est sur le continent. J’ai décidé de ne pas m’impliquer. Aujourd’hui, je pense que c’était une très grosse erreur.”

NE PAS AVOIR PEUR DE LA RETRAITE

Ce qu’il ne regrette pas en revanche, c’est la fin imminente de son mandat à la tête de la Commission, juste après son opération d’un anévrisme aortique. Pas effrayé à l’idée de ne plus être aussi activement occupé qu’aujourd’hui, Jean-Claude Juncker espère au contraire retrouver du temps pour lui. Il a assuré “ne pas avoir peur d’un trou noir” arguant qu’il avait “au moins 40.000 livres chez lui” pour s’occuper.

Une fois ses affaires triées et son départ de la Commission acté en décembre, Jean-Claude Juncker souhaite pouvoir écrire ses mémoires. Un livre qui sera rédigé en allemand, une langue que “son père lui a appris à aimer”, malgré l’enrôlement de force de ce dernier lors de la Seconde Guerre mondiale.

COMMENT PIÉGER TRUMP À SON PROPRE JEU

Ses années à la tête de la Commission l’ont aussi dirigé vers de nombreuses rencontres avec des dirigeants étrangers, qu’il a parfois fallu aborder avec tact et intelligence. Notamment Donald Trump, dont Jean-Claude Juncker parvint à retourner les arguments contre son auteur.“Une de mes petites astuces pour aller discuter avec Trump a été de n’utiliser que des statistiques américaines. Quand il m’a dit “Je ne crois pas en vos chiffres”, je lui ai répondu: “Mais ce sont vos chiffres”.”

Une autre de ses astuces fut de ramener avec lui une photo du cimetière militaire de Luxembourg, où le général Patton est enterré.“Je savais que Trump tenait en haute estime ses généraux. Je lui ai expliqué que ce petit coin du Luxembourg, où 5.000 soldats sont enterrées, est un territoire américain. Que le Luxembourg l’avait décidé après la guerre. Trump fut très touché. C’est le genre de petites choses qui permet à un coeur de s’ouvrir” assure le Luxembourgeois.

L’intégralité de l’interview est disponible en anglais sur le site du Spiegel.

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