Jeremy Rifkin, qui a conseillé de nombreux responsables politiques dont le gouvernement luxembourgeois, part du constat que “le solaire et l’éolien deviennent si bon marché que leur coût moyen est désormais moindre que celui de l’énergie nucléaire, du pétrole, du charbon ou même du gaz naturel”.
“C’est un tournant majeur et nous commençons à voir des milliers de milliards de dollars d’actifs perdus dans le complexe mondial des énergies fossiles”, souligne-t-il. “Les actifs perdus, ce sont les droits d’exploration (pétrolière et gazière) qui resteront inutilisés, tous les hydrocarbures qui ne seront jamais extraits, tous les pipelines qui seront abandonnés, les centrales électriques qui ne seront pas utilisées parce qu’elles ne seront jamais amorties.”
Il relève que la banque américaine “Citigroup estime que nous pourrions voir 100.000 milliards d’actifs perdus. C’est la plus grosse bulle de l’histoire économique”.
L’essayiste imagine ainsi un monde futur reposant sur trois grands types d’infrastructures, réunissant les populations au niveau local comme mondial dans ce qu’il appelle la “glocalisation": des réseaux de communication par smartphones; de l’énergie renouvelable, produite de manière décentralisée et distribuée par des réseaux intelligents; et enfin des transports électriques ou à pile à combustible, intégrés dans des chaînes logistiques intelligentes.
Des projets pilotes existent aujourd’hui, au Luxembourg, aux Pays-bas et dans le nord de la France. Jeremy Rifkin plaide pour un changement d’échelle, où les décideurs politiques auront un rôle important à jouer.