
Dix-sept Belges figurent parmi les 63.159 personnes qui bénéficient d’une pension allemande pour leur service sous le régime nazi, d’après les chiffres de la secrétaire d’Etat allemande au Travail, Kerstin Griese, dont font écho De Morgen et Het Laatste Nieuws mardi.
Il y a en outre 2.487 Belges de plus de 88 ans qui reçoivent une pension mensuelle versée par l’Allemagne. “Il n’est toutefois pas possible de déterminer si ces retraites sont liées aux périodes de guerre”, explique Mme Griese. C’est la première fois que les autorités allemandes rendent publiques de telles données.
Cette pension complémentaire avait été promise en 1941 par l’Allemagne nazie en récompense de la “fidélité, loyauté et obéissance” à Hitler... mais elle a continué à être versée à près de 38.000 Belges depuis la fin de la guerre 40-45.
L’affaire avait pourtant fait polémique en début d’année: en février, des parlementaires belges avaient déposé une résolution pour réclamer que la lumière soit faite sur ces anciens collaborateurs Belges qui touchent toujours de l’argent pour leurs services rendus à l’Allemagne nazie.
À l’époque, il était question de 27 Belges recevant “des retraites complémentaires de 425 à 1.275 euros par mois” affirmait Alvin De Coninck, un chercheur du groupe Remembrance, une association de survivants et de rescapés des camps de concentration nazis.
Tous les pays qui ont subi la domination allemande, France, Luxembourg ou pays scandinaves, peuvent être concernés par ces pensions d’invalidité versées aux anciens collaborateurs dont certains ont combattu dans les rangs du IIIe Reich contre leur gré. En effet, plusieurs milliers de personnes auraient bénéficié de ces versements depuis 1951, date à laquelle l’Allemagne a décidé de poursuivre le versement des paiements instaurés par Adolf Hitler pendant la seconde Guerre mondiale. Toujours selon la secrétaire D’État allemande, les indemnités versées à 61.225 personnes résidant enAllemagne avoisinent les 1.560 euros.
Deux conditions étaient cependant requises pour toucher ces pensions : les bénéficiaires ne peuvent pas avoir été condamnés pour crime de guerre, et leur invalidité doit être constatée.
En février dernier, les parlementaires belges avaient soulevés que ces collaborateurs étaient “connus de l’Ambassade d’Allemagne, à Bruxelles”, mais que leurs noms n’étaient pas transmis à l’État Belge, et par conséquent, ces pensions “n’ont jamais été taxées.”
D’ailleurs, en plus de cette pension, “les années passées dans les prisons belges pour ces faits de collaboration ont compté pour des années de travail. Et plus le séjour carcéral était long, plus la pension touchée était importante” ajoutait alors la RTBF. “Les privilégiés étaient les habitants des Cantons de l’Est et d’Alsace, qui ont acquis la nationalité allemande après l’invasion nazie, mais aussi les Belges qui ont rejoint les Waffen SS pendant la guerre” affirmait en février Alvin De Coninck.