SyrieDes familles de djihadistes se sont échappées d'un camp

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L'offensive turque risque de créer "une situation humanitaire insoutenable", selon Emmanuel Macron.
Un combattant syrien proturc regarde au loin la fumée s'élever de la ville frontalière de Ras al-Aïn, dans le nord de la Syrie, bombardée par les forces turques, le 12 octobre 2019
Un combattant syrien proturc regarde au loin la fumée s’élever de la ville frontalière de Ras al-Aïn, dans le nord de la Syrie, bombardée par les forces turques, le 12 octobre 2019
© AFP

“Plus d’une centaine de personnes, des femmes et des enfants”, ont pris la fuite du camp de Aïn Issa, a indiqué à l’AFP un responsable de ce camp de déplacés sous le couvert de l’anonymat.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a confirmé qu’"environ une centaine” de femmes et d’enfants des familles de l’EI ont pris la fuite, précisant qu’il s’agissait d’étrangères mais sans être en mesure de donner leurs nationalités.

“L’assaut militaire brutal mené par la Turquie et ses mercenaires se déroule désormais à proximité du camp de Aïn Issa, où se trouvent des milliers (de membres) des familles de l’EI”, a annoncé dans un communiqué l’administration autonome kurde. “Certaines ont pu prendre la fuite après les bombardements qui ont visé” le camp.

La milice kurde, accusée de terrorisme par Ankara, est la seule force qui combat l’EI au sol. C’est également elle qui gère les prisons où quelque 10 000 jihadistes, dont 2 000 étrangers, sont retenus, ainsi que les camps abritant environ 80 000 familles de jihadistes.

Si les Kurdes étaient renversés, ces prisonniers se retrouveraient en liberté.

EMPÊCHER UNE CATASTROPHE

S’adressant à l’ONU mais aussi à la coalition internationale emmenée par Washington mise en place pour lutter contre les jihadistes, les autorités kurdes ont réclamé “une intervention rapide pour empêcher une catastrophe dont les conséquences ne se limiteront pas à la Syrie”.

Confrontées depuis mercredi à une offensive lancée par Ankara et ses supplétifs syriens contre leurs régions dans le nord de la Syrie en guerre, les autorités kurdes ont maintes fois mis en garde contre une résurgence de l’EI.

Elles ont assuré que le chaos sécuritaire pourrait permettre à l’EI de libérer les milliers de jihadistes et leurs familles qui sont retenus dans des prisons ou des camps de déplacés.

STEVE DUARTE RETENU A LA FRONTIERE TURQUE

Quelque 12.000 combattants de l’EI, des Syriens, des Irakiens mais aussi 2.500 à 3.000 étrangers originaires de 54 pays, sont détenus dans les prisons des Kurdes, selon leurs statistiques officielles. Les camps de déplacés accueillent quelque 12.000 étrangers, 8.000 enfants et 4.000 femmes.

A ce titre, rappelons que Steve Duarte, le djihadiste luxembourgeois d’origine portugaise, est retenu dans une prison de haute-sécurité à Al-Malikiyah, au nord-est de la Syrie, à la frontière turque. Depuis sa cellule, Duarte entend certainement le bruit des affrontements entre les militaires turques et les combattants kurdes...

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