
"Sur-confiance des conducteurs" et "banalisation des comportements à risque" : le 16e Baromètre de la conduite responsable dresse un bilan peu flatteur du comportement routier des Français. Réalisée par Ipsos bva auprès de 12.100 personnes dans 11 pays européens, cette vaste enquête annuelle dresse un état des lieux des comportements des Européens au volant. Et notamment celui, peu exemplaire, des Français.
Près de neuf Français dix (88 %) déclarent dépasser la limitation de vitesse autorisée de quelques km/h. En recul de 2 % comparé à l’année précédente, ce chiffre est toutefois supérieur de 5 % à celui observé chez les conducteurs européens. De même, 66 % avouent ne pas respecter les distances de sécurité, contre 55 % en moyenne pour leurs homologues étrangers. Plus d’un quart des automobilistes doublent à droite sur l’autoroute (26 %), tandis qu’ils sont 45 % à rouler sur la voie du milieu alors que celle de droite est libre.
En revanche, bien qu'ils soient encore 8 % à ne pas toujours attacher leur ceinture, les conducteurs tricolores se montrent plus rigoureux que les conducteurs européens, qui sont en moyenne 17 % à ne pas la boucler.

L’usage du téléphone portable au volant, dont la dangerosité est évidente, demeure fréquent pour beaucoup de conducteurs. En France, 77 % d’entre eux utilisent leur smartphone ou programment leur GPS au volant, 62 % téléphonent dont 16 % avec l'appareil tenu en main, alors que 29 % envoient ou lisent des messages (mails ou SMS) en conduisant. Plus inquiétant encore, 81 % des Français déclarent qu’il leur arrive de détourner le regard de la route plus de 2 secondes lorsqu’ils circulent sur la voie publique.
7 % des conducteurs français confessent avoir déjà pris le volant en état d’ébriété. Parmi eux, seulement 52 % considèrent qu’il est vraiment très dangereux de conduire dans ces conditions, contre 85 % des conducteurs en général.
8 % des conducteurs interrogés indiquent avoir déjà conduit en ayant pris des médicaments susceptibles d’altérer leur vigilance. Les jeunes sont particulièrement exposés, puisque 6 % des 16-24 ans déclarent conduire après avoir consommé des produits stupéfiants. Un taux trois fois plus élevé que celui constaté chez leurs aînés.
La somnolence et la fatigue au volant restent l'une des causes principales d'accident sur autoroute. Or, 35 % des conducteurs français déclarent prendre le volant alors qu’ils se sentent très fatigués, soit 5% de plus que la moyenne européenne. Parmi eux, 83 % reconnaissent qu’il leur arrive d’être moins attentifs à leur conduite et que leur esprit vagabonde, contre 65 % des conducteurs en général. 44 % ont déjà eu l’impression de s’assoupir au volant, un signal d’alerte qui ne doit jamais être ignoré, contre 28 % en moyenne.
87 % des conducteurs français déclarent avoir peur de l'agressivité des autres usagers de la route. Une crainte favorisée par des incivilités qui, bien qu’en léger repli, restent très fréquentes. Et pour cause, 62 % des automobilistes admettent injurier d’autres conducteurs, quand 51 % revendiquent klaxonner les conducteurs qui les agacent. Selon cette étude, 29 % "collent" délibérément le véhicule d’un conducteur qui les énerve, tandis qu’ils sont 13 % à ne pas hésiter à descendre de leur véhicule pour s’expliquer avec un autre conducteur en cas de conflit sur la route.
Selon le bilan provisoire de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), 3.260 personnes ont trouvé la mort sur les routes de France en 2025. Ce chiffre, en augmentation de 2,1 % par rapport à 2024, fait écho à cette problématique de sous-estimation des dangers par de nombreux automobilistes français.