
Gérald Darmanin a condamné, samedi, “une nouvelle fois les violences inacceptables contre les forces de l’ordre”, qui ont émaillé les manifestations à Paris et partout sur le territoire contre le texte “sécurité globale” et les violences policières.
Les marches des libertés contre le texte de loi sécurité globale et les violences policières ont rassemblé samedi en France 133.000 personnes, selon un comptage du ministère de l’Intérieur effectué à 18H00.
Auparavant, le ministère avait fait état de 46.000 manifestants à Paris et recensé au total 18 interpellations dont neuf dans la capitale, ainsi que “37 blessés” parmi les forces de l’ordre après des heurts avec des manifestants.
Dans un tweet, le ministre de l’Intérieur a fait état de “37 policiers et gendarmes blessés” au cours de ces manifestations. A Paris, où son ministère a évoqué 23 policiers blessés, la marche des libertés a donné lieu à des heurts entre manifestants et forces de l’ordre. Plusieurs vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux montrant des policiers violemment frappés.

Des milliers de personnes ont défilé samedi à Bordeaux contre “la loi qui interdit de filmer les policiers”, la plus importante manifestation depuis la crise des “gilets jaunes” qui a été suivie de débordements dans le centre-ville, ont constaté des journalistes de l’AFP.
L’article 24 de la proposition de loi “sécurité globale”, qui pénalise la diffusion de l’image de policiers, et les récentes images de violences policières étaient au coeur des préoccupations des manifestants, estimés à 6.000 par la préfecture et 20.000 par les organisateurs.
Dans la foule, qui a défilé sans incident dans l’après-midi, on pouvait lire sur des pancartes: “Vos armes, nos caméras”, “Laissez nous filmer, laissez nous respirer”, “bienvenue sur la planète taire” ou “Flouter tue”.
“Nous sommes là par rapport à la loi qui interdit de filmer les policiers. On ne peut plus filmer et après on ne pourra plus écrire ? Ne plus rien dire ? Cette loi ce n’est qu’un début”, s’est insurgée Mathilde Fonteneau, une infirmière bordelaise de 36 ans venue avec son mari et leurs deux enfants, dont le dernier âgé de 4 mois.
La manifestation a été suivie de dégradations dans le centre-ville avec notamment des feux de poubelles et des destruction de vitrines dans la grande artère commerçante, la rue Sainte-Catherine, noire de monde pour ce premier samedi de réouverture.
Dans cette rue considérée comme la plus longue artère piétonne commerçante d’Europe, plusieurs grandes enseignes comme Galeries Lafayette, H&M ou Fnac ont vu leur vitrines brisées et taguées de messages anticapitalistes ou antipolice (“Y a qu’au KFC qu’on aime les poulets”). Devant la Fnac, des faux billets de 500 euros ont été jetés et jonchaient le sol.
Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les fauteurs de trouble. Plusieurs interpellations ont eu lieu selon la police, qui a estimé que des manifestants avaient quitté le parcours déclaré.
Plus tôt dans le cortège, Banja, 38 ans, a estimé qu’"on a le droit de pouvoir garder un oeil sur la police, qui fait encore aujourd’hui de multiples erreurs”. Selon lui, le tabassage du producteur noir Michel Zecler par des policiers parisiens, capté en vidéo, “fait penser à ce qu’on voit aux Etats-Unis, à George Floyd... C’est horrible”.
“Je reste modérée, je pense que le métier de policier est difficile mais je combats la violence sous toutes ses formes”, a témoigné Catherine, 60 ans, qui travaille dans le milieu de l’édition.
Pour Muriel Demguillem, ancienne journaliste et toujours syndiquée au SNJ, “l’heure est grave pour les journalistes comme pour les citoyens, c’est la liberté d’informer qui est mise en cause”. “On est à une période charnière, cette journée est importante pour la mobilisation, ça ne peut que faire réfléchir le gouvernement”, a-t-elle souligné.
La manifestation organisée à Metz s’est déroulée “dans le calme” selon la police