
L’observatoire européen des drogues et des toxicomanies publie ce jeudi son rapport 2019 et annonce une tendance alarmante: certaines substances sont de plus en plus disponibles en Europe. Pire, certains de ses habitants, déjà grands consommateurs, participent maintenant à en faire un lieu de production.
En 2017, elle a recensé plus de 104.000 saisies de cocaïne, soit environ 140 tonnes. C’est simple, cette quantité a doublé par rapport à 2016. D’après son rapport, la consommation est en hausse. Elle note que les traces “les plus élevées ont été enregistrées dans des villes de Belgique, d’Espagne, des Pays-Bas et du Royaume-Uni”.
Autre substance illicite très appréciée des Européens: l’héroïne. Il reste “l’opioïde illicite le plus courant sur le marché des drogues en Europe et contribue largement aux coûts sanitaires et sociaux liés aux drogues”.
Enfin le cannabis, “la drogue illicite la plus couramment consommée en Europe”, se porte (trop) bien: on estime qu’environ 1% des adultes européens en consomment tous les jours ou presque. Avec 782.000 saisies de produits dérivés en 2017, elle est la plus saisie d’Europe.
Plus généralement, le rapport montre que la MDMA ou les amphétamines sont très consommés par les Européens.

En plus d’être un haut lieu de la consommation, l’Europe devient aussi un terrain de production de substances illicites. Selon le rapport diffusé, la production de drogues de synthèse en Europe semble “croître, se diversifier et devenir plus innovante”. Et ce, dans le but de rendre les drogues plus difficiles à détecter, notamment celles de synthèse.
Ainsi, 27 laboratoires de MDMA ont été démantelés en 2017, tous aux Pays-Bas. Il n’y en avait eu que 11 en 2016. Et “un déversement de produits chimiques suggérant la production de MDMA a été signalé en Belgique”.
Pour contrer cette prévalence des drogues, l’observatoire mise sur le renforcement de solutions numériques, comme les applications de santé embarquées dans les téléphones et autres objets connectés, la réalité virtuelle (pour entraîner les patients à résister aux stimulus extérieurs) ou la géolocalisation de centres d’échange de seringues propres.