De nombreux Vénézuéliens tentent jeudi de secourir des proches pris au piège sous les décombres d'immeubles effondrés, au lendemain d'un double séisme d'une puissance inégalée qui, selon un bilan provisoire, a fait au moins 164 morts.
Bâtiments aplatis ou affaissés, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver les disparus ensevelis: à l'épicentre du séisme, les équipes de l'AFP ont constaté d'impressionnantes scènes de destruction faisant craindre un bilan bien plus lourd.
La zone la plus durement touchée est la région de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent notamment l'aéroport international de Maiquetia qui a été fermé car fortement endommagé, et la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont effondrés.
Comme celui d'Antonio Bermudez: "Il y a un endroit d'où une jeune femme appelée Jennifer, du onzième étage, me répond. Mais nous n'avons aucun outil, nous n'avons aucun moyen pour aider" à la sortir des décombres, explique-t-il.
Là, Lisbeth Vazquez, 37 ans, raconte à l'AFP comment les siens se sont échappés in extremis par les fenêtres de l'appartement familial alors que l'immeuble était "en train de s'enfoncer complètement" dans le sol. "C'était terrifiant", dit-elle: "Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir".
"Il ne nous reste plus rien. Rien, pas même la force ni le courage d'entrer là-dedans", souffle Larry Rojas, 49 ans, devant un tas de décombres où se trouvent des proches ensevelis.
"On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d'une pelleteuse", a déclaré désespéré Dani Rizo, autre habitant de 48 ans.
Jean Alexander Capote, 48 ans, qui a perdu sa belle-mère et recherche désespérement sa fille disparue, implore "de l'aide rapidement".
L'aide internationale s'organise et nécessitera un "effort collectif massif", prévient jeudi le chef de l'aide humanitaire de l'ONU, Tom Fletcher.
Les Etats-Unis ont promis une réponse "importante", "rapide et efficace", selon le secrétaire d'Etat, Marco Rubio, et vont "immédiatement" déployer aide et secouristes.
La Chine, l'Inde, même l'Iran (traditionnel allié de Caracas)) ravagé par la guerre, ainsi que de nombreux pays de l'Union européenne et d'Amérique latine ont également proposé leur aide sous forme d'envoi d'équipes de recherche et de moyens médicaux.
Selon la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, qui a déclaré l'état d'urgence, au moins 164 personnes ont été tuées et 971 blessées dans la double secousse de magnitude 7,2 et 7,5 qui s'est produite mercredi à 18H04 (00H04 au Luxembourg).
D'après les données du Service géologique des États-Unis (USGS), le séisme de 7,5 est le plus puissant depuis 1900 à frapper le Venezuela, pays de près de 30 millions d'habitants à l'économie en crise depuis des années.