
En novembre 2020, la Cour européenne des droits de l’homme demandait à 33 pays, dont le Luxembourg, de prouver que leurs réglementations sont suffisantes pour protéger leurs citoyens du réchauffement climatique. Une décision qui faisait suite à une plainte déposée en septembre par six Portugais, âgés de 8 à 21 ans, qui accusaient ces pays d’avoir "échoué à faire leur part afin d’éviter une catastrophe climatique".
C’est en soutien à cette démarche que la branche luxembourgeoise du mouvement Youth for Climate a interpellé aujourd’hui le Premier Ministre Xavier Bettel dans une lettre. Les signataires Natasha Lepage et Julien Wald, représentants du mouvement, s’alarment "en tant que jeunesse luxembourgeoise" et veulent agir pour "la justice climatique" et pour lui "assurer un avenir viable". Les mots sont directs, à l’image des mobilisations des jeunes pour le climat, et forts face aux urgences climatiques décrites par le document.
"Le changement climatique continue d'être la plus grande menace pour l'humanité, et la nécessité d'une action imminente s'impose. Par conséquent, nous exigeons que l'État luxembourgeois plaide coupable des accusations portées contre eux par les six jeunes Portugais devant la Cour européenne des droits de l'homme." Cette demande se fonde en partie sur l’observation de la réaction du gouvernement face à la pandémie de Covid-19. Durant cette crise, les dirigeants ont su prendre en urgence des décisions importantes et des mesures drastiques, souvent en s’appuyant sur la communauté scientifique.
Un constat que les représentants de Youth for Climate veulent voir appliquer à l’écologie. Selon eux, "le gouvernement a hésité à prendre des mesures drastiques dans le cadre du Plan national intégré en matière d’énergie et de climat (PNEC)" adopté en août 2020. Le PNEC a pour objectifs d’ici 2030 de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55%, d’augmenter l’efficacité énergétique de 40 à 50% et d’apporter à 25% la part de consommation d’énergie renouvelable dans le pays. Le tout en respectant l’Accord de Paris pris par les gouvernements européens de maintenir le réchauffement climatique sous le seuil de 1,5°.
La volonté et les ambitions des législateurs sont saluées par le mouvement, mais selon lui: "Le gouvernement luxembourgeois n'a jusqu'à présent pas présenté de plan concret pour atteindre ces objectifs de manière réaliste". Le point noir majeur pour les détracteurs est le "subventionnement" des combustibles fossiles. Sont dénoncé, la vente de carburant, qui représente "les deux tiers des émissions de gaz à effet de serre du Luxembourg" et les investissements financiers réalisés par le Luxembourg.
Le mouvement Youth for Climate Luxembourg accuse en effet l’État de financer "directement notre effondrement". Il dénonce l’utilisation du Fonds de Compensation dans les grandes compagnies pétrolières comme Shell, Total ou BP et d’autres du secteur, qui selon Greenpeace Luxembourg sont responsables de 71% des émissions industrielles de gaz à effet de serre depuis 1988.
Si les constats des effets de l’homme sur son environnement sont de plus en plus établis, les jeunes qui s’engagent pour préserver le climat veulent des actes concrets et rapides. Ils rappellent aussi que pour eux: "Un futur d'effondrement environnemental n'est pas un futur". En interpellant le gouvernement, ils espèrent le mettre face à ses responsabilités.