
A l'avenir, le patient ne devra plus se rendre à l'hôpital pour recevoir certains traitements ou effectuer certains examens. La loi autorisant officiellement la mise en place de nouvelles structures en-dehors de l'hôpital a été votée jeudi matin au Parlement. Les centres médicaux seront plus proches des gens. Ces antennes seront toutefois sous la tutelle des centres hospitaliers. Pourront être effectués dans ces structures décentralisées, de petites interventions chirurgicales ne nécessitant pas une hospitalisation, des traitements de dialyse ou d'oncologie ou des examens de radiologie, même avec équipements lourds, tels qu'IRM ou mammographies. Le nouveau texte doit empêcher une marchandisation de la médecine et l'instauration d'une médecine à deux vitesses.
Cette loi reste cependant très controversée. L'AMMD, l'Association des médecins et médecins-dentistes, n'est pas d'accord avec le texte et souhaite une approche plus libérale avec des initiatives privées.
Le CSV critique le fait que les responsables politiques n'auraient réagi que sous la pression. Le texte a été créé dans la panique, a déclaré Claude Wiseler. Cela ne soulagera pas les hôpitaux, ne résoudra pas les problèmes et le texte ne tiendrait pas juridiquement la route, ce qu'a déjà souligné le Conseil d'Etat. C'est pourquoi le CSV a appelé à ne pas voter le texte.
Si le DP a voté le texte en considérant qu'il s'agit d'un premier pas dans la bonne direction, Carole Hartmann a également dit clairement que c'était une occasion manquée. Une véritable réforme de l'extra-hospitalier serait nécessaire. Les hôpitaux garderaient le contrôle. Nous ne pouvons pas continuer avec ces longs délais d'attente. Nous avons déjà une société à deux vitesses.
Au nom du DP, Carole Hartmann a également demandé que des mammographies puissent être effectuées dans des cabinets privés. Les délais d'attente, pouvant aller jusqu'à 18 mois, sont simplement trop longs.
Lors de son intervention, la ministre de la Santé a réfuté l'assertion selon laquelle elle aurait traîné. Elle aurait immédiatement abordé le problème, mais elle aurait été stoppée net par la pandémie de coronavirus. Il y a une grosse attente dans le secteur. A titre d'exemple, des médecins attendent avec des projets à Junglinster, Mondorf et Esch-sur-Alzette. Elle a également regretté que ce dossier n'ait pas été débattu très objectivement. Il faudrait travailler ensemble et pas les uns contre les autres.