
Des millions d'euros chaque mois. C'est ce que représentent les recettes fiscales que l'État tire des ventes de carburants grâce à son droit d'accise. Ces accises sont une taxe indirecte, ajoutée directement sur le prix des carburants, avant l'application de la TVA.
Mais contrairement à la TVA, qui est un pourcentage, les accises ont un montant fixe et dépendent du produit auquel elles sont associées. Ainsi, en 2024, la taxe atteint 440,86€ pour 1.000 litres de diesel et 548,6446€ pour 1.000 litres d'essence sans plomb.
Dans une réponse à une question parlementaire de la députée Sam Tanson (déi gréng), le ministère des Finances a dévoilé le montant de ces recettes pour 2023 et début 2024.
En janvier 2024 par exemple, le Luxembourg a vendu 44 millions de litres d'essence, donnant lieu à 24 millions d'euros d'accises. Les stations-service du pays ont surtout écoulé 103 millions de litres de diesel, pour des recettes atteignant 44,8 millions d'euros.
Pour l'année 2023, les recettes totales des accises ont atteint 870.958.086€. Dont 592.389.068€ sur le diesel et 278.569.018€ sur l'essence. Soit plus de 1.657€ de rentrées fiscales... chaque minute !
Voici un tableau interactif reprenant les ventes de carburants et les recettes d'accises, mois par mois depuis janvier 2023.
Malgré tout, les accises ne sont pas entièrement dues au Luxembourg. En effet, une partie de ces accises dépend de l'UEBL, l'union économique belgo-luxembourgeoise. Une autre est "autonome", c'est-à-dire gérée uniquement par le Luxembourg. La fameuse taxe CO2, qui doit atteindre 45€ en 2026 (contre 35€ en 2024) en fait partie.
Comme nous l'explique le ministère des Finances, les recettes des accises "autonomes" reviennent directement au Luxembourg tandis que les accises "UEBL" sont partagées avec la Belgique, en fonction des ventes réalisées dans les deux pays.
Le Luxembourg constate une stagnation des ventes de carburants depuis quelques années. Après un pic de 480.000 m3 vendus en 2019, le coronavirus a fait retomber les ventes de carburants. En 2022, malgré la reprise de l'économie, les stations-service du pays avaient écoulé moins de carburants qu'en 2019.