Surpoids chez les enfants et les adolescentsUne taxe sur le sucre ? Le ministère de la Santé mise sur l'éducation

Claudia Kollwelter
traduit pour RTL Infos
Le surpoids chez les enfants et les adolescents continue de progresser au Luxembourg, selon le rapport de l’Observatoire de la Santé.
Photo d'illustration
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Dans ce contexte, l’ASBL de défense des patients “Patientevertriedung” plaide une nouvelle fois pour une taxe sur le sucre. Il y a deux ans déjà, l’association avait demandé que la teneur en sucre des boissons soit réduite. Georges Klees explique :

Quand on regarde par exemple certaines limonades, on constate de très grandes différences en Europe au niveau de la teneur en sucre. J’ai vérifié récemment : un Fanta, au Luxembourg, contient par exemple 11 grammes de sucre par 100 millilitres, alors qu’en France il n’en contient que 4,5. Il faut bien sûr faire attention, car parfois le sucre est remplacé par des édulcorants. Il ne faut évidemment pas remplacer quelque chose de mauvais par autre chose de mauvais. Mais il faut vraiment voir globalement à réduire la consommation de sucre, car c’est l’un des principaux facteurs.

“D’excellents résultats”

Une taxe ne devrait toutefois pas avoir pour effet de faire augmenter les prix, mais plutôt de réduire la teneur en sucre.

Les pays qui ont introduit une telle taxe ou qui cherchent à faire baisser la consommation de sucre, ont également obtenu d’excellents résultats, notamment une diminution de l’obésité, surtout chez les enfants issus de milieux défavorisés, ainsi que chez les jeunes filles, où l’on observe de véritables progrès significatifs.

Le docteur Tom Rausch, Premier conseiller de gouvernement au ministère de la Santé, coordinateur prévention, souligne qu’une telle taxe n’est pas prévue pour l’instant dans l’accord de coalition et qu’il ne s’agit pas de la seule approche pour s’attaquer au problème.

Cela apporterait certainement des défis, car lorsqu’on regarde où la taxe sur le sucre déjà appliquée en Europe fonctionne bien, par exemple en Angleterre et au Royaume‑Uni, il faut dire que ce sont des îles. Nous, en ce sens, ne sommes pas une île. Je pense que nous devons aussi regarder ce qui se passe de l’autre côté des frontières. En France, il existe des approches similaires. En Belgique, il y a aussi des approches, mais qui sont appliquées un peu différemment. En Allemagne, c’est moins le cas. Et je pense qu’il n’est pas si simple pour nous de nous isoler et de dire que nous suivons notre propre approche dans ce domaine. Et puis, il est relativement facile d’aller faire ses achats de l’autre côté de la frontière. C’est pour cette raison que la situation n’est pas la même pour nous que pour le Royaume‑Uni.

Education et prévention

C’est une problématique complexe qu’il faut aborder de différentes manières.

Pour nous, l’un des piliers essentiels est celui de l’éducation et de la promotion de la santé. Je pense qu’il est important que les enfants, les adolescents et aussi les adultes disposent des connaissances nécessaires pour pouvoir faire les bons choix et adopter une alimentation saine. Et à ce niveau, nous travaillons activement avec le ministère de l’Éducation pour voir comment nous pouvons intégrer encore davantage ces sujets — une alimentation équilibrée, mais aussi d’autres sujets de prévention — dans l’enseignement, et ce pour les différents groupes d’âge. Je pense que c’est pour nous une approche très importante.

Mais il serait également important d’impliquer les médecins et les spécialistes. Dans ce contexte, Tom Rausch mentionne la nouvelle approche selon laquelle le sport peut être prescrit par un médecin. Sensibiliser les jeunes est extrêmement important, et ils constituent aussi un public cible pour le ministère, où d’autres pistes sont en cours d’exploration.

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