
Les chiffres officiels de 2025 le confirment : sur les 1.100 incidents recensés dans l’ensemble des réseaux du pays – CFL, AVL, TICE, Luxtram et RGTR –, les lignes ferroviaires concentrent à elles seules 655 cas d’agressions, qu’elles visent des voyageurs ou des agents.
Cette année encore, une liaison se distingue par un nombre particulièrement élevé de situations problématiques : la ligne Luxembourg–Esch-sur-Alzette–Rodange. La ministre de la Mobilité l’a indiqué dans une réponse parlementaire au député LSAP Yves Cruchten, en s’appuyant sur les registres officiels couvrant la période du 1er janvier au 25 juin.
Sur cet axe, les comportements agressifs, les insultes et les violences sont nettement plus fréquents que sur les autres grandes lignes du pays. Les CFL observent par exemple deux fois moins d’incidents sur la ligne du Nord, sur la liaison Luxembourg–Pétange via Bascharage-Sanem ou encore sur la ligne Luxembourg–Wasserbillig.
L’opérateur ferroviaire rappelle qu’une ligne est considérée comme une "zone sensible" dès lors qu’au moins trois incidents y sont enregistrés en l’espace de deux mois, un seuil qui est régulièrement dépassé sur la liaison Luxembourg–Esch–Rodange.
Les faits signalés couvrent un large spectre, allant des comportements inappropriés aux mises en danger de personnes ou de biens, en passant par le harcèlement moral ou sexuel, les agressions physiques et les violences verbales. En 2024, les insultes représentaient la majorité des cas recensés sur les lignes CFL, avec 190 signalements. Suivaient les menaces verbales (24 plaintes), puis le harcèlement sexuel et les agressions physiques, chacun comptant 16 occurrences. Ces données avaient déjà été détaillées par la ministre dans une réponse parlementaire en juin 2025.
Le député LSAP souhaitait également connaître la station la plus exposée aux violences. Sans surprise, la Gare de Luxembourg arrive largement en tête.
Selon la ministre Yuriko Backes, le nombre d’incidents y est entre cinq et huit fois supérieur à celui des autres gares du pays, comme Bettembourg ou Esch-sur-Alzette. Cette situation s’explique par le rôle central de la gare, véritable nœud multimodal où transitent chaque jour un volume très important de voyageurs et une grande diversité d’usagers. Ce statut en fait le principal point de convergence du réseau, où la surveillance y est d'ailleurs renforcée.