Quarantaines dans le nord de l'ItalieUne étudiante luxembourgeoise nous raconte son retour au Grand-Duché

Gaël Arellano
"Des rues désertes", "des lignes de train coupées", "tout le monde porte des masques" : témoignage d’une étudiante luxembourgeoise qui a décidé de quitter le nord de l’Italie dimanche soir.
Un panneau d'information dans le village de Casalpusterlengo le 22 février 2020
Un panneau d'information dans le village de Casalpusterlengo le 22 février 2020
© AFP

Onze villes se sont réveillées dimanche en quarantaine avec interdiction d'entrer et sortir après la multiplication des cas de nouveau coronavirus et quatre décès, les premiers Européens sur le continent.

Plusieurs mesures ont immédiatement été prises par le gouvernement italien pour endiguer la menace: fermeture des établissements scolaires, fermeture des entreprises, annulation d'événements sportifs (matches de Serie A) et culturels (Carnaval de Venise).

La ville de Parme, elle, n'était pas encore bouclée dimanche midi. "Quand notre université a annoncé que les cours étaient suspendus, on a décidé qu'il fallait rentrer au Luxembourg" nous raconte une étudiante luxembourgeoise qui jusqu'à hier était encore sur place.

Dimanche midi, elle a contacté l'ambassade du Luxembourg à Rome afin de savoir si un rapatriement était possible. La demande ayant été refusée, l'intéressée a décidé de rentrer par ses propres moyens.

Contactée par nos soins, une représentante de l'ambassade nous a expliqué que les ministères de la Santé et des Affaires étrangères n'ayant pas donné de consignes pour rapatrier les ressortissants luxembourgeois, "on ne peut pas faire grand chose".

"On l'a échappé belle"

La Luxembourgeoise a donc décidé de prendre les choses en main."On a pris le train jusqu'à Milan mais on n'était pas sûr d'arriver vu que de nombreuses lignes étaient coupées" nous raconte l'étudiante.

"Les rues étaient désertes, tout le monde portait des masques dans les gares" décrit-elle, confirmant les informations des médias locaux.  "Alors qu'on se dirigeait vers Milan, les trains vers Parme étaient annulés un après l'autre. On l'a échappé belle" ajoute-t-elle.

Aux dernières nouvelles, la ville de Parme n'a pas été mise en quarantaine mais, comme nous l'a confirmé notre contact à l'ambassade, "une fois que la quarantaine est décrétée, plus personne ne sort".
 
Au final, l'étudiante en question a pu rentrer au pays dans la nuit de dimanche. "On a eu beaucoup de turbulences mais je suis soulagée" nous a-t-elle admis. Pour sa part, le ministère des Affaires étrangères a affirmé "suivre la situation de près".

Pas de contrôles... pour l'instant

Le ministère de la Santé a répondu à nos sollicitations lundi matin en affirmant "qu'il n'y a aucune disposition spécifique à prendre" concernant les retours de ressortissants luxembourgeois d'Italie à ce stade.

"Le niveau d'alerte est maintenu inchangé" insiste la Direction de la Santé qui admet cependant que "la situation est susceptible d'évoluer". 

Le ministère assure que "le Luxembourg suit de près l'évolution de la situation et adoptera d’éventuelles mesures en fonction de l’analyse réalisée par le European Center for Disease Controle and Prevention (ECDC)."

L'organisme a d'ailleurs convoqué les autorités italiennes en vue d'une audioconférence qui doit permettre d'évaluer la situation lundi après-midi.

A l'issue de celle-ci, la Direction de la Santé luxembourgeoise communique qu'il "n'est pas impossible qu'un nouvel avis contienne des recommandations pour les voyageurs en provenance ou à destination de certaines régions italiennes".

Rappelons qu'au Luxembourg, aucun cas de coronavirus n'a encore été déclaré.

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