
Ceux qui vivent dans la rue et qui cherchent le soutien de l'ASBL Stëmm vun der Strooss sont "de plus en plus jeunes et ont des nationalités de plus en plus diverses", a déclaré Marcel Detaille mardi sur RTL. Ce dernier a été pendant 22 ans président de l'association Stëmm vun der Strooss. Il a quitté cette fonction la semaine dernière. L'ancien journaliste André Duebbers lui a succédé.
L'idée à la base de la création de l'ASBL était de "publier un journal afin de donner une voix à ceux qui vivaient dans la rue." Mais il en est finalement sorti un véritable projet d'assistance.
"Les problèmes en soi n'ont pas terriblement changé" au fil des années. Il s'agit toujours du besoin de logement et de problèmes de santé. "La majorité de ceux qui fréquentent l'ASBL ne vivent pas dans la rue, mais chez des parents, dans des chambres meublées ou dans de petits appartements et ont besoin d'un logement." Ils souffrent souvent en plus de problèmes de santé.
Si "les responsables politiques ont toujours prêté une oreille attentive à l'ASBL", c'est parfois un peu plus difficile du côté de la société. "L'effet "Nimby, [acronyme de l’expression anglaise "Not In My Backyard", qui peut se traduire par "Pas de ça dans mon jardin!, ou "Pas de ça chez moi!, ndlt] intervient ici." Les gens se font des idées et s'inquiètent. C'est arrivé à Schoenfels, un petit village, par exemple, où l'ASBL a ouvert un centre de post-thérapie pour les personnes qui ont suivi une thérapie contre la toxicomanie et qui n'ont pas de domicile fixe. Cela a été un" véritable combat", Mais "avec la commune, avec les responsables politiques, nous avons réussi à rassurer les gens et à faire le projet, sinon ça n'aurait pas été possible. Et aujourd'hui tout s'est calmé."
La pauvreté est un problème de plus en plus important. A Luxembourg-ville en particulier, le restaurant social ne suffit plus: "plus de 300 repas sont fournis chaque jour. Il faut d'urgence un restaurant supplémentaire." Marcel Detaille reste cependant optimiste: dans ce contexte, l'association a toujours bien travaillé avec les autorités communales de la capitale. Des personnes qui travaillent mais qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts, fréquentent aussi le restaurant. Les gens en difficultés arrivent également avec leurs problèmes, c'est pourquoi nous avons besoin de collaborateurs qui les écoutent et cherchent des solutions avec eux.
Actuellement nous intervenons comme des pompiers, mais il faut agir de manière plus proactive. Les structures doivent changer. Il en faut davantage et de plus petites. L'Action hiver est une "bonne initiative", mais "il faut la prolonger tout au long de l'année, avec des structures plus réduites." "Beaucoup de gens ne fréquentent pas la structure de l'Action hiver, parce qu'ils ont peur de se faire voler, parce qu'il y a là du stress, parce qu'il y a des bagarres, parce qu'il y a des maladies. S'il y avait des structures plus petites, les possibilités d'accueil seraient plus grandes, mais là encore, vous avez besoin de plus de personnes pour encadrer, et c'est la chose la plus importante, vous devez avoir des gens qui encadrent, qui écoutent et qui offrent de l'aide là où elle est nécessaire."