
La campagne, fruit d'une collaboration entre la police, l'initiative Bee Secure, le Service de coordination de la recherche et de l'innovation pédagogiques et technologiques (SCRIPT) et le parquet, porte sur le "sexting". Il s'agit de l'envoi ou de l'échange de messages, de selfies ou de vidéos amateures intimes. Un phénomène de plus en plus fréquent qui peut avoir de graves conséquences.
Et cela surtout pour les victimes de sexting. David Lentz, Procureur d'état adjoint cite quelques conséquences: "L'anxiété, l'angoisse, la panique, les crises de panique, la détresse, la dépression, la volonté de suicide, se terrer dans une pièce, ne plus savoir vers qui se tourner, ne plus sortir de sa chambre. Ce sont des situations très graves de nature psychologique, qu'il convient d'éviter."
En matière de législation, il n'y aura pas de texte spécifique sur le sexting: "Nous avons les articles nécessaires dans le Code pénal ou dans d'autres lois, qui nous permettent d'agir contre cela."
En 2020, moins d'une centaine de plaintes ont été déposées par des victimes mineures. Mais le phénomène est en forte croissance ces dernières années. C'est pourquoi il faut agir à deux niveaux, explique la ministre de la Justice, Sam Tanson: d'une part, la prévention et la sensibilisation, d'autre part en montrant à la victime qu'elle a un interlocuteur à chaque niveau. "Il y a toujours une solution, rien n'est irrémédiable. Si on est dans une telle situation, on trouve toujours une personne. C'est aussi pour cela que cette brochure est importante, parce que beaucoup de choses y sont expliquées. On trouve toujours une personne qui peut en aider une autre, qui peut tenter d'endiguer le problème."
C'est surtout le message aux victimes qui est important, souligne le directeur du Service national de la jeunesse (SNJ), Georges Metz: "Même si on était d'accord à un moment donné pour être filmé, mais qu'ensuite cela a été partagé sans autorisation, c'est l'autre personne qui est en tort, on est une victime et on a droit à une protection."
La campagne est basée sur une brochure, qui sera distribuée dans les établissements scolaires et dans les maisons de jeunes et sur une vidéo qui attire l'attention sur cette problématique. Du matériel pédagogique sera également élaboré.