Bébé disparu au LuxembourgUne association luxembourgeoise revient sur l'affaire Bianka

Fanny Kinsch
La mère de la petite Bianka Bisdorff, le bébé disparu en alors qu'il n'était âgé que d'un mois, a été condamnée à 30 ans de prison ferme. L'association "Eran eraus an Elo?" s'est saisie de ce jugement.
© Archives RTL

L'association "Eran, eraus an Elo?", qui défend les droits des personnes incarcérées, s'est saisie du cas de la mère de Bianka. La femme, dont l'enfant a disparu en 2015, peu avant qu'elle lui soit retirée, purge actuellement une peine de 30 ans de prison sans possibilité de libération conditionnelle. Un jugement qui pose question pour l'association.
 
Bianka Bisdorff a disparu en juillet 2015 à peine un mois après sa naissance. La mère allait perdre sa garde. Le bébé a été vu pour la dernière fois avec sa mère en juin 2015 près d'un étang à Lintgen. Depuis, plus aucune trace de l'enfant. L'an dernier, la mère a été condamnée à 30 ans de prison ferme, notamment pour négligence, soit deux fois plus que ce que le parquet avait requis. La femme n'a pas fait appel. Mais à présent, l'association "Eran, Eraus an Elo?" remet en question ce jugement.

Le couple Lucien et Colette Schumacher
Le couple Lucien et Colette Schumacher
© Pierre Weimerskirch / RTL

"Nous ne critiquons le jugement que sous certaines réserves. Nous trouvons que le point essentiel est que le parquet réclamait 15 ans et que la dame a obtenu 30 ans. C'est étonnant. Juridiquement, c'est correct, mais c'est étonnant. Et nous nous demandons également: qui cela aide de laisser cette dame 30 ans en prison?", explique le président de l'association, Christian Richartz.

L'association a chargé d'une expertise un avocat, qui ne souhaite pas que son nom soit rendu public:

"La conclusion est que juridiquement, bien sûr, tout est correct. Nous ne nous attendions à rien d'autre de la part de la justice luxembourgeoise. Mais c'est au fond que la justice est allée à la limite extrême de ce qu'elle pouvait en ce qui concerne la sévérité. Sur quasiment tous les points. Et puis, comme je le disais, il y a certaines personnes qui trouvent ça très bien. Et nous ne pensons pas que ce soit très bien. ”

L'association se demande aussi si la femme était informée que son acte avait été requalifié parce qu'elle n'était pas présente au procès. Étant donné que la femme n’a pas fait appel à l’époque, on ne peut plus rien faire pour elle aujourd’hui. "On pourrait retenir qu’il semble y avoir eu une violation de son droit à un procès équitable, or les voies de recours ont expiré", selon l'avis de l'avocat.

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Outre le volet judiciaire, il y a aussi l'aspect humain qui préoccupe l'association. Cette dernière a été contactée par le couple Lucien et Colette Schumacher, qui s'est intéressé de très au cas de la mère condamnée: "Ma femme, Colette, et moi, nous avons trouvé que c'était injuste, une femme qui a simplement fait des choses, qui n'étaient peut-être pas bien,  mais 30 ans de prison, quand même, il faut déjà être criminel, et cela nous ne le supportons pas."

L'association "Eran, Eraus an Elo?" se pose aussi plus généralement des questions sur la situation des femmes en prison. Le bloc destiné aux détenues est trop petit et même pour les longues peines, il n'est pas possible d'obtenir une cellule individuelle.

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