"Plus personne ne la reverra"Étrange rencontre avec la mère de la petite Bianka

RTL Infos
"Plus personne ne reverra Bianka", une phrase que le journaliste Pierre Weimerskirch ne pourra plus ôter de sa mémoire après avoir rencontré la maman du bébé disparu.
© Archives Police Luxembourg

La disparition de la fillette en juillet 2015 a bouleversé le Luxembourg. Depuis, de nombreux journalistes de la rédaction ont tenté d'en savoir plus sur cette triste et sombre histoire. Une personne clé a toujours été dans le viseur des journalistes, il s'agit dès le début du colocataire de la mère de Bianka, qui vit d'ailleurs toujours avec elle dans un appartement à Pétange. Après 14 mois de détention préventive, elle a été libérée de prison, sous conditions.

Le 13 juin dernier, deux jours avant le 7e anniversaire de la petite fillette, le journaliste de RTL a une nouvelle fois tenté de contacter l'homme en question. Une réponse surprenante l'attendait finalement au bout du fil: "venez à Pétange, je serai à la gare". S'en suit alors une longue discussion dans un bistrot lors de laquelle il dira qu'il n'est au courant de rien, et qu'il ne sait pas si la petite Bianka est encore en vie ou si, dans le meilleur des cas, elle n'était pas morte, où elle pourrait se trouver. Tout d'un coup il demande au journaliste: "tu veux rencontrer sa mère?"

UNE RENCONTRE BIZARRE ET CONFUSE

Quelques instants plus tard, notre journaliste se retrouve dans un petit appartement. Jusque là, il ne savait pas que la mère de l'enfant vivait encore à cet endroit. Le colocataire précise qu'il n'est pas le père de Bianka, ils n'étaient plus ensemble lorsque la mère était enceinte de la petite.

Finalement, la mère arrive, assez rapidement. Proche de la quarantaine, marquée au visage par la vie et surtout visiblement fortement alcoolisée et droguée ce jour-là. Le journaliste se présente et annonce d'emblée vouloir discuter avec elle au sujet de Bianka. Elle lui répond par une question: "pourquoi est-ce que Bianka t'intéresse?"

La question que tout le monde se pose depuis des années est "où est Bianka, et est-elle toujours en vie?" Le procès, dont les conclusions tendent plutôt vers la mort de l'enfant, sans certitude malgré d'intensives enquêtes, s'est déroulé et terminé fin 2022. La rencontre décrite dans cet article s'est donc déroulée avant ce procès, et déjà à l'époque (en juin 2022), la mère avait annoncé ne pas vouloir se rendre au tribunal et encore moins se faire représenter par un avocat.

© Archives RTL

Lorsque le journaliste évoque les recherches autour des étangs à Linger, la mère se montre un peu émotive, mais elle s'empresse de se moquer des actions entreprises par les autorités afin de retrouver le corps du bébé. À l'époque, elle ne comprenait pas pourquoi, même après avoir avoué s'être rendue près des étangs avec Bianka dont des traces ADN ont été retrouvées dans un bâtiment abandonné se situant sur le site. "Je m'y rendais régulièrement, avec Bianka", a-t-elle déclaré, sans vouloir préciser si elle avait fait du mal à son enfant à cet endroit.

La discussion a duré plus d'une heure, durant laquelle la question de savoir si la petite était encore vie a été posée à plusieurs reprises. La mère a d'abord expliqué qu'elle était chez une amie, pas trop loin, mais lorsque le journaliste demande à se rendre à cet endroit pour la voir, la mère répond que "si tu la cherches, elle ne sera plus là". La conversation n'avançait pas, mais elle a quand même dit qu'elle aurait fait tout cela afin d'éviter qu'un autre de ses enfants ne se retrouve dans un foyer, sans préciser ce qu'elle a fait de concret.

Des phrases comme "une chose est sure, plus personne ne verra Bianka" ont été prononcées par la mère, sans explications. Après analyse, notre journaliste devra effectivement conclure son enquête en reprenant les déclarations de la mère: "plus personne ne reverra l'enfant".

JUGEMENT ATTENDU EN FÉVRIER

Dans sa conclusion, le Parquet est effectivement parti du principe que l'enfant n'était plus en vie et a requis 15 ans de prison à l'encontre de la mère. Le procès a duré 2 semaines, sans cadavre et avec quelques rares indices concrets. Le propriétaire de l'appartement a expliqué au journaliste que du courrier arrivait encore de nos jours à l'attention de Bianka. Le procès aura mis en évidence que l'entourage de la mère avait déjà remarqué le mauvais traitement de l'enfant avant sa disparition.

Back to Top
CIM LOGO