
Après la décision du groupe russe Gazprom de limiter sévèrement l'approvisionnement en gaz de l'Union européenne, la situation serait "très grave", selon le ministre luxembourgeois, particulièrement pour les gens à faibles revenus.
C'est pourquoi il aurait été important d'aider ces gens avec des crédits d'impôt et l'allocation de vie chère et de garantir la sécurité d'approvisionnement.
"Nous sommes maintenant dans un bras de fer avec la Russie et nous devons faire attention à ne pas nous faire manipuler les uns contre les autres - tous les ministres l'ont reconnu."

Après le pétrole et le charbon, le gaz naturel est, avec 21%, la troisième source d'énergie en Europe. Le Luxembourg est peu dépendant du gaz russe, mais il dépend du marché belge. Avec Zeebruges, la Belgique dispose d'un port pour le gaz liquide et elle est rattachée aux Pays-Bas et à l'Angleterre, qui est elle-même reliée à la Norvège.
"Grâce au marché gazier belgo-luxembourgeois, nous avons un joker. Mais si tout cela est maintenant davantage organisé dans un vaste cadre européen, la Belgique devra être solidaire avec les autres et le Luxembourg aussi."
En ce sens, Claude Turmes s'est félicité du fait que l'Union européenne augmentera ses stocks de gaz jusqu'à 80-90% de ses capacités d'ici le 1er novembre. Une autre bonne nouvelle serait que les ministres se soient entendus sur une nouvelle directive sur l'efficience énergétique et les négociations pourraient à présent commencer avec le Parlement européen. Il en serait de même pour la directive sur les énergies renouvelables.
L'essentiel serait cependant d'économiser l'énergie. "La meilleure énergie est celle qui n'est jamais consommée", selon Claude Turmes. D'après le ministre, chacun pourrait en gros économiser au moins 10% et ce serait bon également pour le portefeuille. Les objectifs d'énergies renouvelables devraient parallèlement être portés de 20% en 2020 à 40% en 2030 et les réserves de gaz remplies à 80-90% d'ici novembre.
Des conseils sont déjà disponibles sur energiespueren.lu. Si on devait en venir à la situation d'urgence où la Russie fermerait totalement le robinet et qu'il faudrait rationner, il y a des priorités.
"Le chauffage des ménages, le chauffage des infrastructures critiques est protégé, ce seront les tout tout derniers qui seront débranchés du réseau - ce sont des consommateurs protégés. Et ensuite viennent les non-protégés, ce sont les industriels et les petites et moyennes entreprises."
Quelles entreprises seraient les premières à devoir se débrouiller sans gaz? Le ministre n'a pas voulu les citer bien qu'il existe un plan et une liste. Sur celle-ci, les noms des entreprises ont été anonymisés pour des raisons de protection des données, mais elles seraient dans l'échange avec les exploitants du réseau.
Le reportage de RTL en luxembourgeois: