
Un premier succès qui a coûté 20.000 dollars à la famille. Leur situation reste cependant extrêmement précaire. L'incertitude domine toujours quant à savoir si les membres de la famille qui ont quitté Gaza, seront autorisés à venir au Luxembourg.
Heba Nasser et son mari tentent depuis des mois de faire sortir leur famille de Gaza. Son époux, qui a la nationalité luxembourgeoise, a déposé en janvier une demande de regroupement familial pour son propre père ainsi que pour les parents et la soeur d’Heba Nasser. Ces demandes ont été rejetées.*
"Nous pensions que même si nos documents n'étaient pas suffisants, ils demanderaient d'autres preuves, puis qu'ils demanderaient les documents manquants. Mais ils ne l'ont pas fait et ils ont refusé nos demandes en moins d'une semaine."
Il y a une semaine, Heba Nasser et son mari ont envoyé, via leur avocat, un recours gracieux contre ces refus au ministre des Affaires intérieures.
Au cours des dernières semaines, la situation a fortement évoluée: le couple, les parents et la soeur sont en Egypte. Après n'avoir trouvé aucune autre solution, le couple a payé 20.000 euros à une société qui coordonne des évacuations, pour faire passer la frontière à la famille. Mais ils ne peuvent pas rester là.
"Ils ont un visa, un tampon sur leurs documents de voyage, car ils ont perdu leur passeport lors de la destruction de leur maison. Avec ce visa, ils ne peuvent pas rester plus de 40 jours en Egypte. Mais nous ne savons toujours pas combien de temps notre famille va rester ici."
L’accès aux soins médicaux est sévèrement restreint, car ils ne disposent pas de permis de séjour permanent en Egypte. C'est particulièrement un problème pour son beau-père malade ainsi que pour sa mère qui souffre de problèmes cardiaques.
"Ma mère, même si elle reste ici, ne bénéficie pas des soins médicaux dont elle a besoin. Et mon père a aussi des problèmes de santé, à cause des bombardements, il n'entend plus bien."
Le couple a demandé au ministre des Affaires intérieures de délivrer un visa humanitaire exceptionnel pour les membres de leur famille. Il souhaite que le dossier soit examiné en urgence.
Heba et son époux n'ont obtenu aucune réponse à ce jour.
Il y a encore d'autres personnes pour lesquelles le couple se fait du souci. Des soeurs et frères et leur partenaire, des neveux et nièces. Heba Nasser parle d'une vingtaine d'autres parents.
"Quand nous leur parlons, ils nous demandent toujours de les évacuer car l'odeur de la mort est partout et il n'y a pas d'avenir là-bas. Et je veux revoir mes neveux et nièces et les serrer dans mes bras. Ils sont intelligents, ils devraient être à l'école. Ils ont des ambitions, ils ont des rêves et désormais ils n’ont plus accès à la santé. Ils n'ont pas accès à l'éducation. Ils n'ont pas accès à la nourriture. Ce sont leurs droits fondamentaux et ils n’ont pas accès à leurs droits fondamentaux."
Elle a perdu l'espoir d'une aide de la part du gouvernement, indique Heba Nasser. Elle tente maintenant de rassembler de l'argent pour faire évacuer le reste de sa famille.
*Le ministère de l'Intérieur nous avait indiqué que sur trois demandes de regroupement familial de personnes originaires de Gaza, une avait été rejetée parce que les conditions n'étaient pas remplies. Comme nous l'avons découvert après une nouvelle demande, le ministère considère les deux demandes du couple comme un seul dossier.