
“Des mesures inouïes qui auraient scandalisées l’opinion il y a quelques mois à peine, sont devenues la réalité. Le Collectif Fräi Liewen (“Vivre librement”) traduit le malaise d’une population fatiguée qui ne comprend plus une politique publique de gestion coercitive de la crise sanitaire”, pose d’emblée Radu Duta, avocat de son état.
Composé de professionnels de la santé, de scientifiques, de juristes et d’artistes qui sont “vaccinés ou non”, ce nouveau mouvement apolitique au Luxembourg s’interroge sur le résultat sanitaire de la politique menée depuis deux ans par le gouvernement Bettel-Lenert et veut se battre “pour la sauvegarde des droits citoyens et contre l’obligation vaccinale”.
Une vaccination ciblant les plus de 50 ans et le secteur de la santé, comme tranché par le Premier ministre Xavier Bettel qui se fie à l’avis d’un groupe d’experts. La loi devrait être votée “au printemps”, mais pourrait être “finie avant”, a révélé cette semaine Paulette Lenert, ministre de la Santé.
-> Vaccination obligatoire: Le texte devrait être voté “au printemps”
“Malgré la vaccination à marche forcée, malgré le système CovidCheck, on ne peut que constater que les PCR positifs atteignent à présent des taux records”, note Me Radu Duta. Il parle d’une école “désorganisée”, d’un monde politique qui est “sur les nerfs” et n’oublie pas de souligner l’impact des mesures prises durant la pandémie sur le bien-être émotionnel et mental, “surtout des enfants”.

“Je ne suis pas contre la vaccination. C’est à chacun de décider, mais je suis contre l’obligation vaccinale” que vise le gouvernement, explique le Dr Romain Blum qui avait déjà plaidé contre l’obligation vaccinale à la Chambre des députés en janvier. Lui même est vacciné, mais n’acceptera plus d’autres doses.
La liberté d’accepter ou de refuser un vaccin ou un traitement, le refus du pass sanitaire et d’une surveillance digitale, un service de santé dans l’intérêt du patient et non axé sur le profit, des alternatives à la stratégie du tout vaccin, une réelle transparence des données et statistiques, le droit de manifester,... le catalogue des revendications du Collectif Fräi Liewen est vaste. De manière générale il réclame un retour aux droits fondamentaux et que cessent les divisions de la société et les discriminations nées des mesures anti-Covid.
Sur le long terme, le Luxembourg assisterait à “une discrimination insupportable entre ceux qui accepteront et ceux qui refuseront la vaccination. Jusqu’où faudra-t-il aller pour emmerder les non-vaccinés?”, interroge Me Duta en reprenant les propos polémiques récents d’Emmanuel Macron.
Lors de la conférence de presse organisée dans les locaux de la Patiente Vertriedung à Strassen, le collectif a insisté sur le “besoin urgent” de discussions publiques qui laissent la parole “aux gens qui ont des problèmes ou qui doutent, pour échanger les opinons, au lieu de voir toujours les mêmes qui n’ont qu’un seul discours: vacciner, vacciner, vacciner”, a souligné le Dr Blum.
L’efficacité des vaccins prônée par la direction de la Santé est clairement mise en doute par ces citoyens. Elle “ne fait plus que de s’amenuiser, ce qui est normal face à un virus qui mute. Les vaccins créés étaient centrés sur un virus qui n’existe plus. De nouveaux variants se sont ajoutés. Les vaccins ne sont plus fiables, ni efficaces”, de l’avis du Dr Romain Blum.
Pas de doute, sur la contagiosité élevée du variant Omicron, mais “cliniquement pas très agressif”. De sorte que ce serait le moment “idéal de voir comment créer une immunité de groupe efficace de manière naturelle”.
Pour l’ex-député vert Jean Huss, “c’est la plus grave crise médicale que l’humanité a vécu où la médecine est toute entière concentrée sur le méchant virus”. Le virus n’est pas bénin et plus contagieux que les virus de la grippe, reconnaît-il, mais du point de vue de la dangerosité “il a à peu près le potentiel d’une grippe moyennement importante”.

Selon son estimation “peut-être 10%” des gens décédés le sont à cause du virus. Mais “90% sont morts avec le virus parce qu’il avaient beaucoup de comorbidités et que leur système immunitaire ne fonctionnait plus bien”.
À Paulette Lenert qui a trop misé sur la seule vaccination selon elle, Antoinette Welter, professeur de sciences, lance que la toute première alternative qu’une ministre de la Santé aurait pu donner à la population, c’est “le bon conseil d’entreprendre quelque chose pour renforcer leur système immunitaire”.
Récemment, la Patiente Vertriedung a mis en ligne sur son site internet un formulaire permettant aux patients de signaler des effets indésirables suite à la vaccination contre le Covid. Ce qui n’a pas été du goût de la Direction de la Santé. Mais si l’absl le fait “c’est la chose la plus normale qui soit!”, car c’est son rôle d’écouter les plaintes des gens, a justifié Jean Huss également vice-président de l’asbl. Et il prévient déjà: “Nous ferons la même chose pour les effets secondaires des médicaments”.
Le Collectif met clairement en doute les 0,02% d’effets secondaires liés à la vaccination avancés par la Direction de la Santé. Ce n’est que “la pointe de l’iceberg” si l’on considère la moyenne de 1 à 5% de notifications pour effets secondaires qui étaient faites avant Covid, relève Jean Huss. L’ex-député explique pourquoi il y aurait une sous-notification des effets secondaires: “C’est beaucoup de paperasserie administrative et les médecins ne sont pas payés pour le faire. C’est un souci”.

Les 0,02% d’effets secondaires sont d’ailleurs “énormes pour un vaccin! C’est une personne sur 5.000", fait remarquer Antoinette Welter, avant de rappeler qu’“un vaccin n’a pas pour vocation de rendre les gens malades, mais de préserver les gens d’une maladie grave”.
Pour Jean Huss -qui assure que le virus du Covid-19 est “fabriqué dans un laboratoire P4"- il existe des alternatives médicales pour contrer le virus du Covid comme des “médicaments classiques connus mondialement depuis 30 ans, sans grands effets secondaires. Ces médicaments en partie classiques, en partie moléculaires et en partie des remèdes naturels, peuvent ensemble être beaucoup plus efficace que le vaccin”. À la ministre de la Santé, il lance: “Des médecins sont prêts à en discuter”.
Le musicien David Ianni souhaite plus simplement “le retour à une société qui fonctionne normalement. Une société où les gens réapprendraient à se traiter humainement”. À ses yeux, “le vrai virus est celui que nous avons dans la tête et dont nous devons nous séparer”. Quand tout cela sera passé, interroge-t-il: “Pourrons-nous encore nous regarder dans la glace ?”