
L'accusé, qui est une bonne connaissance de l'homme placé sur écoute, a déclaré à plusieurs reprises jeudi matin, qu'il avait voulu effrayer ce dernier, sans avoir rien su d'une enquête à son encontre.
Il avait seulement été au courant en mars-avril qu'une enquête était effectivement en cours et avec ses propos, il avait voulu amener cet homme à bouger, à changer sa vie. "L'homme a cependant dit qu'il avait été averti! Et en 2014, après une perquisition à votre domicile, vous aviez dit - sans qu'on vous le demande - que vous n'aviez jamais violé le secret professionnel et que vous n'aviez pas dit à l'homme: attention, ils travaillent sur toi!", a souligné le Président de la Cour. Le douanier a répété qu'il avait voulu effrayer l'homme, sans avoir rien su d'une enquête à son encontre. Ce à quoi le Président a répliqué: "Le problème est: qu'il en a précisément été ainsi!"
Un enquêteur de la police judiciaire a souligné que le douanier avait tout nié, mais que la mère de l'homme avait dit que le douanier les avait avertis. Ce dernier aurait eu connaissance de l'enquête dès janvier. Quand l'individu placé sous surveillance avait changé son style de vie et changé de numéro de téléphone à plusieurs reprises, le soupçon avait surgi qu'il avait été informé. Ensuite, la mère et son fils ont témoigné qu'ils avaient été avertis par le douanier lors d'un bal. Le jeune a déclaré qu'à l'époque, il n'avait pas pris au sérieux le douanier, mais il avait quand même arrêté la drogue. Le douanier est resté sur sa déclaration qu'il n'avait rien su d'une enquête.
Un élément sur lequel son avocat a aussi insisté. Selon Maître Laurent Limpach, son client n'avait pas l'intention de boycotter une enquête. Comme il n'y avait pas eu violation du secret professionnel, il devait être relaxé. Pour la représentante du Parquet, il est en revanche clair que le douanier avait voulu aider un ami. C'était une bonne intention, mais inappropriée. Le douanier était au courant de l'enquête. Il fallait donc retenir la violation du secret professionnel.
Le Tribunal rendra son verdict le 27 juin.