
"C'est une situation extrêmement grave mais elle est très difficile à expliquer. Nous n'avons d'ailleurs pas d'explications des experts", lance d'emblée Marc Fischbach, président de la COPAS qui fédère 54 prestataires des services d'aide et de soins (CIPA, maisons de soins, réseaux d'aide et de soins à domicile...) au Luxembourg. Soit près de 11.000 salariés.
Les clusters et les nombreux décès dans les maisons de retraite secouent les familles et a fait réagir de manière virulente jeudi le CSV, principal parti d'opposition. Marc Fischbach dit "bien travailler" avec les ministres de la Santé et de la Famille et rappelle que la COPAS avait demandé qu'"il n'y ait pas de mesures contraignantes qui ne seraient pas applicables dans toutes les maisons" mais plutôt des recommandations pour tenir compte des populations et des structures.
Au CSV qui reproche à Corinne Cahen, ministre de la Famille (DP) de "ne pas être la femme de la situation", Marc Fischbach répond que "ça ne fait pas de sens de faire des reproches à une personne, ni à des politiciens, car chacun fait de son mieux".
Quant aux plus de 300 décès déjà enregistrés, Marc Fischbach rappelle que dans ces maisons vivent "les populations les plus vulnérables de notre société" qui, de par leur âge très avancé, sont exposées à des "risques bien plus élevés que les autres". Chaque année "entre 25 et 30% décèdent parce que leur espérance de vie ne dépassent pas trois ou quatre années".

Marc Fischbach regrette d'autant plus profondément les clusters inexpliqués que les directions et les personnels s'engagent pleinement pour la protection des pensionnaires: "Je sais juste que la mobilisation est très grande dans ces maisons et qu'il y a une énorme déception et frustration justement pour ceux qui accompagnent ces gens quand ils sont confrontés à un revers de situation".
"Tous les jours on se demande comment mieux les protéger" mais de manière générale, "le comportement du personnel des maisons de soins est correct", assure le président de la COPAS.
Quant à la stratégie vaccinale du gouvernement, Il est d'avis que "dès le départ on aurait pu prendre en compte tout le personnel. Pas seulement le personnel embauché mais les sous-traitants qui entrent tous les jours dans ces maisons et qui sont au contact des pensionnaires". Tout comme, juge la COPAS, il aurait dès de début été nécessaire de vacciner les personnes qui vivent dans des logements encadrés.
L'idée du CSV de créer une "carte verte", un passeport délivré aux personnes vaccinées contre le Covid, "est sûrement une piste à explorer" mais personnellement il n'est pas favorable à une vaccination obligatoire.
La COPAS "ne sait pas" si effectivement 51% du personnel des maisons de soins est vacciné. "Nous recevons des données de la Santé que nous ne pouvons pas vérifier" et "nous savons que plein de personnels n'ont pas reçu d'invitation". Impossible donc pour la COPAS de savoir combien de personnes ont été vaccinés par maison.