
Que perçoit concrètement le client de cette hausse de prix? Alain Fürpass, directeur de SUDenergie, explique:
"Avec les taxes, avec la taxe carbone, tout compris, de janvier à maintenant, c'est une hausse d'environ 55%. Donc loin de la hausse boursière."
La stratégie selon laquelle le gaz est acheté au Luxembourg, permet d'amortir le choc pour le client. Prédire l'avenir est toujours plus délicat. A ce stade, au Luxembourg, les ménages doivent compter avec une nouvelle hausse de prix de 20 à 25% en janvier.
"Là, il y aura encore une hausse de prix. Mais nous voyons aussi derrière le mois d'avril, où cela se calme à nouveau et les prix baissent. La boucle hivernale est alors surmontée. Mais nous resterons encore ensuite à un niveau historiquement élevé. A l'horizon 2023, nous voyons que la situation se normalise de plus en plus", selon le directeur de SUDenergie.
Des experts ont déterminé plusieurs causes de la situation actuelle. L'économie mondiale s'est relancée. En Europe, l'hiver a aussi été inhabituellement long. Pendant les mois d'avril et de mai, les ménages ont chauffé comme ils ne l'avaient plus fait depuis dix ans au Luxembourg. On a puisé dans les réserves, et cela au moment où les gros navires gaziers ont d'abord approvisionné l'Asie, où le mètre cube est payé plus cher.
"Depuis le printemps, il n'y a pas eu beaucoup d'énergie renouvelable. Pas beaucoup de soleil. Il y a eu peu de vent. Par conséquent, les turbines à gaz ont été mises en route pour produire de l'électricité. Et il y a eu une demande permanente de gaz."
Du gaz pour produire de l'électricité. Cela a à son tour un impact direct sur le prix de l'électricité, qui est défini par les installations de production. Dans cette ligne dite "de préséance économique", les centrales à gaz sont en toute fin. Si elles sont sollicitées, le prix du kilowatt augmente. Une hausse de prix, qui, heureusement ici aussi, peut être amortie pour les ménages grâce à la stratégie d'achat.
"Un ménage normal a jusqu'à 800 euros par an de frais d'électricité. On peut présupposer que nous devrons payer un peu plus l'an prochain. Cela devrait être de l'ordre d'un pourcentage à un chiffre", selon les estimations de Claude Simon, Head of Energy Sales chez Enovos Luxembourg.
La détente sur le marché européen de l'énergie au printemps prochain pourrait également conduire à un accord dans le différend entre le principal fournisseur, la Russie, l'Allemagne et les États-Unis sur le gazoduc "Nord-Stream 2". La future coalition gouvernementale en Allemagne pourrait jouer ici un rôle important.
Le reportage en luxembourgeois de nos collègues de RTL: