En patrouille avec la police"Souvent, les gens donnent le bâton pour se faire battre"

Pierre Weimerskirch
Nos collègues de RTL ont accompagné une patrouille de police d'Esch-sur-Alzette pendant toute une nuit.

Une équipe de RTL Luxembourg a été autorisée à accompagner Mike et Bill, deux policiers âgés tous les deux de 27 ans, durant toute une nuit. Mike travaille au commissariat d'Esch depuis 2020 et Bill depuis 2018.

"À Esch, on ne s'ennuie jamais"

À la question de savoir ce qui les attend cette nuit, la réponse des policiers fuse: "A Esch, on ne s'ennuie jamais." Si le feu est rouge, a priori, il faut s'arrêter: c'est en tout cas ce qui figure dans le Code de la route. Aux alentours de 1h, un conducteur ne l'entendait pas de cette oreille. Pas de chance pour lui, la voiture qui le suivait était un véhicule de police. Après un coup de sirène et de gyrophare, la voiture s'est immobilisée sur le bas-côté. Les deux policiers ont procédé au contrôle des papiers. L'homme n'avait pas de permis de conduire sur lui et l'alcootest, auquel il a été soumis, s'est révélé positif. Au début, il a affirmé qu'il n'avait pas son permis sur lui. Après avoir interrogé leurs collègues français, Bill et Mike ont dû constater que le ressortissant français n'en avait plus du tout.

La voiture au volant de laquelle il se trouvait, appartenait à sa compagne, qui était assise à côté de lui. Celle-ci n'était pas sous l'emprise de l'alcool. Mais elle s'est rendue passible d'une sanction en laissant son compagnon conduire en état d'ébriété et sans permis. Les deux ont été emmenés au commissariat à quelques centaines de mètres.

"En tant que policiers, nous procédons uniquement au constat", explique Bill. "C'est le parquet, qui doit maintenant décider, ce qui va se passer."
A la question de savoir s'il arrive fréquemment que des gens commettent une infraction et qu'ensuite d'autres choses suivent, Mike déclare: "Souvent, les gens donnent le bâton pour se faire battre."

Tout a été consigné par écrit, les déclarations ont été enregistrées. Comme il ne s'agissait pas d'une urgence, la permanence du parquet n'a pas été appelée, mais tout a été transféré par mail. La voiture a été immobilisée et le couple a dû trouver une alternative pour rentrer chez lui. À ce moment-là, personne n'était conscient que tout le monde allait bientôt se revoir.

Montrer la présence policière par des patrouilles

Des patrouilles de sécurité sont régulièrement effectuées à pied ou en voiture. Le week-end de la fête nationale avait lieu à Esch une grande fête populaire. Il a été décidé de faire le tour de la Place de la mairie à pied et de montrer également la présence policière dans la rue de l'Alzette.

Le sud-ouest du pays est couvert par le commissariat d'Esch et les interventions sont coordonnées depuis le "bureau". Chaque appel est pris en compte. Si cela dure plus longtemps, c'est parce que toutes les patrouilles sont en intervention et qu'il faut agir en fonction des priorités.

En pleine patrouille à pied, l'ordre a été donné par la centrale de se rendre en intervention à Schifflange pour cause de tapage nocturne dans un café. Sur place, les policiers n'ont rien pu constater. La patronne de l'établissement se trouvait sur les lieux et les documents étaient tous en règle.

"Nous avons dit à la patronne qu'elle doit veiller à ce que sa porte soit toujours fermée et que la musique ne soit pas trop forte. Elle l'a compris."

Les policiers passent beaucoup de temps au bureau. Tout est documenté: "Pour avoir des dossiers propres, il ne faut pas négliger le travail de bureau."

A la fin de cette intervention, une bagarre à Esch a été signalée à Bill et Mike. Gyrophare allumé, ils ont pris la direction de la Place de la mairie. L'équipe de RTL était à bord d'une voiture du Service de presse de la police, c'est pourquoi les deux reporters ne sont arrivés sur les lieux que quelques minutes plus tard. D'autres policiers étaient déjà présents à ce moment-là. La difficulté avec les bagarres, c'est que vous ne savez jamais vraiment comment cela va se terminer, c'est pourquoi les policiers interviennent toujours avec un dispositif plus important. Il s'agissait finalement d'une dispute entre deux personnes alcoolisées. L'une d'entre elles a été emmenée à l'hôpital pour un contrôle.

Du cannabis consommé devant la police

Au cours de la soirée, Mike et Bill ont été appelés en renfort pour une intervention dans une station-service. Il est apparu plus tard qu'une policière voulait s'acheter quelque chose à manger et qu'en se garant, les deux agents ont remarqué dans la voiture d'à côté un homme en train de fumer tranquillement un joint.

La deuxième patrouille est arrivée sur place pour surveiller ce dernier pendant que les deux autres policiers fouillaient son véhicule à la recherche d'autres stupéfiants. Ils n'ont rien trouvé. L'homme ayant consommé du cannabis, sa voiture a été immobilisée et il a été emmené au commissariat par l'autre patrouille. Il était complètement détendu et très coopératif.

© Mike Elsen

Contrôle routier en pleine nuit

Plus tard au cours de la nuit, à un moment où c'était calme, les deux policiers ont décidé d'effectuer un contrôle routier., c'est-à-dire arrêter les véhicules, contrôler si les papiers sont en règle et vérifier les identités. Le hasard a voulu que la première voiture qu'ils ont arrêtée, était celle de l'ami venu chercher l'automobiliste qui était passé au rouge et sa compagne. On pouvait voir qu'ils étaient tous les trois très surpris, mais après quelques minutes, ils ont pu poursuivre leur route.

"Il arrive fréquemment de rencontrer la même personne au cours d'une même nuit. Mais ici, c'était un pur hasard."

Aucun jour ne ressemble à un autre

"Quand nous commençons notre service, nous ne savons jamais ce qui va se passer", avait dit dès le départ Bill, alors que tout le monde était encore au commissariat. Entre policiers, pas question de dire si une soirée était calme. Si quelqu'un le dit, il pourrait encore être désagréablement surpris. Au cours de leur service, les deux policiers ont encore fait l'une ou l'autre petite intervention. Sur les huit heures de service, plusieurs ont été passées au commissariat. Le travail administratif représente effectivement une grande part du travail policier.

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