Mort inexpliquée à HeispeltQu’est-il exactement arrivé à "Poli"?

Anne Wolff
Il y a près d’une semaine, le corps sans vie d’un homme de 56 ans a été retrouvé à Heispelt. Il ne s’agit pas d’une mort naturelle.
© Anne Wolff / RTL

Pendant les élections communales, quand on traversait le petit village de Heispelt, on se disait que tout allait encore bien. Environ 110 habitants, quelques fermes, une poignée de nouvelles maisons, une église et un café, qui n’ouvre que le dimanche après la messe. Pour aller au lac de barrage, ce n’est pas loin. L’attraction principale est la belle vue sur les collines de l'Oesling.

Lundi dernier, la petite communauté a été très surprise. À partir de ce jour, les inquiétudes des résidents de Heispelt sont confirmées: l’un des villageois ne vit plus, et il n’est pas décédé de manière naturelle. Le lundi, la police a retrouvé Mr O, un homme de 56 ans, mort dans la cave de sa maison. Dans le village, tout le monde le connaît sous le surnom de “Poli”. Sa femme de 38 ans a été arrêtée, le parquet a communiqué que pour le moment elle a été placée en détention provisoire. Qu’est-il arrivé dans la maison blanche avec une façade en plastique ?

Où est “Poli” ?

Retour sur les faits: La veille, c’était le dimanche des brandons (le “Buergsonndeg”) à Heispelt et comme chaque année pour le feu des brandons (le “Buergbrennen”) une collecte est organisée. Le club des Jeunes de Heispelt, dont une partie de ses membres ne sont plus vraiment si jeunes, sonne aussi chez “Poli”. Sa femme ouvre la porte, “Poli” ne serait pas à la maison, c’est de cette façon que le racontent les villageois. Pourtant sa voiture se trouvait derrière la grange. Les villageois trouvent ceci très étrange. Cela fait déjà au moins deux semaines que personne n’a vu “Poli”, sa femme aurait toujours fourni d’autres excuses avec un air tranquille et réfléchi. Un membre de la communauté de Heispelt a dit : "A ce moment-là, on s'est dit que ça suffit et qu’on appelle la police. Car ce n’était pas la première fois, qu’il était enfermé dans la cave." Aurait-il fallu intervenir plus tôt ? "C’est difficile à dire, parce qu’il n’a jamais rien dit".

Une histoire que même les voisins de “Poli” confirment. Le couple D. habite quelques mètres plus loin et ils ont plus de contact avec leur voisin. On remarque comme la mort les suit. Ils se demandent ce qui s’est vraiment passé. Mr D. se rappelle : "Poli était toujours très serviable. Je me rappelle qu’à l’époque, il m’a aidé à amener mon bateau sur le lac de barrage et à le mettre dans l’eau. Quand quelqu’un avait besoin d’aide, il disait toujours bon, d’accord. Avant, il habitait dans la vieille maison avec sa mère et son frère. Mais ils sont déjà décédés depuis longtemps. C’était des personnes simples, qui n’avaient pas grande chose mais qui travaillaient beaucoup. Poli était un des meilleurs mécaniciens que je connaissais, mais malheureusement il a perdu sa place à cause de l’alcool." Une déclaration qu’il a également partagé avec le village voisin. "Oui, à l’époque on travaillait souvent ensemble, il est souvent venu pour réparer quelque chose, pour ça il avait vraiment beaucoup de talent. Le seul problème était l’alcool."

Un ménage isolé

Selon les villageois, après le décès de sa mère et de son frère, Poli se renfermait de plus en plus sur lui-même. Sa femme y aurait également contribué, car elle l’aurait systématiquement isolé. Sa femme, une brésilienne, se serait marié avec lui il y a environ dix ans. Dans le village, elle suscitait la réprobation, elle aurait été agressive, on parle de troubles psychiatriques, de séjours dans un hôpital psychiatrique et de rituels religieux particuliers. Tout ceci aurait fait que dans le village il y a beaucoup de polémique quant à ce sujet. La maison du couple O. est très colorée, le panneau sur le mur de la façade légèrement délabrée est un garant d’harmonie. Un jeune habitant de Heispelt a dit que dans la maison, ce n'était pas le cas, car déjà avant, la police passait de temps en temps chez le couple O. Le Mr D. dit : "La maison était chaotique".

Les voisins se demandent constamment s’ils n'avaient pas pu agir de manière différente, s’ils n'avaient pas pu faire plus, mais c’est difficile dans un village où tout le monde se connaît. Si quelqu’un ici appelle la police, tout le monde sait qui c’était.

Plus joignable

Ces dernières semaines, le couple D. a essayé à plusieurs reprises de joindre “Poli”, ils ont été sonner à sa porte, l’ont appelé plusieurs fois, mais n’arrivaient pas à le joindre. Selon Mr D, après un incident entre le voisin et la femme de la victime, le 8 février, le contact était définitivement rompu.

Au soir, Mr D. a reçu des SMS, dans lesquels on l’invite à ne plus se manifester. "Pour nous, il était évident que ce n’était pas "Poli" qui a rédigé ces messages". Mr D avait déjà contacté la police avant le dimanche des brandons, mais rien n’avait été entrepris. "Mais à ce moment, j’étais encore persuadé qu’il était encore en vie."

Ce qui au premier abord ressemble à la triste escalade d’un mariage malheureux, ne suscite pas seulement chez les habitants de Heispelt de nombreuses questions lorsqu’on s’y attarde un peu plus. Des questions qui dépassent de loin l’affaire O. : Est-ce que dans le pays on ne prend pas au sérieux les violences conjugales à l'encontre des hommes? Est-ce que la police aurait dû intervenir dès le premier appel? Est-ce que les villageois auraient dû être plus persistants, pour peut-être parvenir à sauver le voisin à temps ?

Violence conjugale ?

Les derniers chiffres sur les violences conjugales datent de 2020, 1.679 personnes dans le pays ont été victimes de violences conjugales et dans environ 37% des cas les victimes étaient des hommes, dont un cinquième a plus de 50 ans. Dans la grande majorité les auteurs sont des hommes, les femmes représentent 30% de la statistique.

La police explique que concernant l’affaire O. on ne peut pas encore donner davantage de détails. Aussi chez le parquet il n’y a pas d’évolution, la femme se trouve pour le moment placée en détention provisoire.

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