Mesures Covid, emploi, gestion de la criseQuelles sont les premières préoccupations des Luxembourgeois ?

Maurice Fick
Logement, trafic, hausse des prix... Quinze mois après le début de la crise sanitaire notre sondage Politmonitor révèle ce qui pose le plus de soucis aux résidents et comment ils jugent les nouvelles mesures du gouvernement.

Depuis dimanche, les allègements ont rendu davantage de libertés aux résidents luxembourgeois. Quinze mois après le début d'une crise sanitaire sans précédent, ils voient poindre le bout du tunnel mais l'avenir n'est pas rose pour autant.

Les électeurs ont-ils plutôt un sentiment de justice ou d'injustice en voyant l'état de la société luxembourgeoise aujourd'hui ? Quels sont les problèmes qui les préoccupent le plus ? L'avenir de leurs enfants, la sécurité de l'emploi ou l'engorgement des routes ? Comment jugent-ils le travail du gouvernement Bettel ? Lui font-ils confiance pour sortir de cette crise majeure ? Enfin, sont-ils d'accord avec les récentes mesures allégées ?

Autant de questions abordées dans ce premier volet de notre enquête de printemps TNS Ilres réalisée entre fin mai et ce début juin pour RTL et le Wort. De toute évidence, le logement et ses prix qui ont explosé malgré la crise Covid, reste de très loin le sujet de préoccupation n°1 des Luxembourgeois: Pour 81% des sondés, "le" gros souci est de pouvoir accéder à un logement à un prix abordable. Ils estiment que c'est le thème n°1  dont la "politique doit directement prendre à bras le corps".

Le sondage montre qu'il est loin le temps du télétravail généralisé et que l'accroissement du trafic routier, redevenu normal depuis mars, reste la 2e source de préoccupation des résidents. Effet direct de la crise, la perspectives d’avenir des enfants inquiète les électeurs.

La perte de terrain de la langue luxembourgeoise, devancée par la français et l'anglais dans le monde du travail,  l'augmentation des prix qui fera tomber une nouvelle ranche indiciaire dès la fin de l'année, ou la retraite préoccupent davantage les résidents que la sécurité de l'emploi, sujet qui arrive seulement en 11e position des soucis brûlants.

Vue de plus près, la sécurité de l'emploi préoccupe en premier lieu les 45-54 ans mais aussi beaucoup les plus jeunes entre 18 et 24 ans. Le sujet ne fait pas l'unanimité au sein de l'électorat puisqu'il préoccupe largement les électeurs socialistes et chrétiens-sociaux mais beaucoup moins les soutiens du DP ou de déi Gréng.

Bilan: quinze moins de confinement ou de semi-paralysie provoquée par la crise sanitaire qui a bouleversé la vie en société, laisse un goût amère. Seul un résident sur deux (49% exactement) estime qu'il a encore de l'équité au sein la société luxembourgeoise.

Un peu moins de la moitié (44%) des électeurs sondés pensent que les choses se passent de manière injuste dans notre société et 7% y lisent une grande injustice. Une donnée similaire à novembre 2020.

CONFIANTS POUR UNE SORTIE DE CRISE BIEN GÉRÉELa gestion de la crise est porteuse pour la coalition gouvernementale à ce jour. 85% des sondés évaluent très positivement le travail du gouvernement Bettel qui est sorti de l'ornière Covid dans laquelle il avait plongé entre mi-septembre et novembre 2020, au plus fort de la 2e vague.

Le taux de mécontents est revenu à celui d'il y a un an. 35% jugent même que DP, LSAP et déi Gréng ont fait du "très bon" boulot. Au final, 82% des électeurs sont confiants en la capacité de ce gouvernement de sortir le Luxembourg de la crise sanitaire.

LES JEUNES ONT PLUS SOUFFERT

Mais le mental a trinqué, c'est évident. Après plus d'un an d'obligation de respecter les gestes barrières (port du masque, distanciation sociale,...) la "charge émotionnelle" pèse lourdement sur la société luxembourgeoise: 60% des sondés avouent être très affectés (15%) ou affectés (45%) par les effets induits d'une crise sanitaire qui a trop duré.

Est-ce parce qu'elle l'avouent plus facilement ? Les femmes (6 sur 10) disent être plutôt "en souffrance" face à cette situation (4 sur 10 disent s'en sortir). Alors que chez les hommes, 56% sentent plutôt porter cette charge émotionnelle. Ce qui est flagrant: les 18-34 ans sont beaucoup plus à dire qu'ils en ont gros sur la patate: 73% des interrogés reconnaissent l'impact énorme des mesures sur leur mental.

Ce n'est pas une découverte mais le sondage vient asseoir une vérité: 73% des 18-34 ans reconnaissent avoir souffert des gestes barrières qui ont modifié nos comportements en société.

LES NOUVELLES MESURES SONT APPLAUDIES

Deux résidents sur trois sont d'avis que les mesures actuelles sont "exactement les bonnes" alors que 19% estiment qu'elles sont exagérées. A contrario, 10% estiment qu'elle ne sont pas suffisamment restrictives. Sans surprise, les électeurs du CSV, principal parti d'opposition, sont ceux qui pensent qu'elles sont exagérées.

L'allègement dans les restaurants et bars, tout comme la possibilité d'inviter à nouveau 10 personnes chez soi pour faire un barbecue, ou encore d'offrir un bon gratuit aux 6-30 ans pour faire un test rapide en attendant d'être enfin vaccinés, trouvent l'aval de l'électorat.

PDF Politmonitor de TNS Ilres

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