Témoignage poignantQuand des mendiants deviennent des sauveurs

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"Il y a toujours plus de mendicité." Un commentaire qu'il est fréquent d'entendre. Mais Myriam Dallanoce s'est un jour réjouie que les mendiants aient été là pour elle.

Un soir de l'été 2019, Myriam Dallanoce était assise à une terrasse sur la Place d'Armes. Elle est en train de manger. A côté d'elle, il y a un groupe de jeunes qui entourent deux jeunes chiens, plus précisément des pitbulls. Soudain, elle entend des glapissements et voit deux jeunes s'attaquer à l'un des chiens. Le chien reçoit des coups de pied et des coups de laisse. Sans réfléchir une seconde, Myriam bondit et s'interpose.

Les jeunes s'arrêtent immédiatement parce que tous les regards sont tournés vers eux. En repartant, Myriam entend encore un commentaire: "Salope, on va te faire ta fête, tu verras", "m'ont-ils menacée."

La femme regagne sa table, mais ne parvient pas à retrouver son calme. De sa chaise, elle voit comment les jeunes se positionnent à sa gauche et à sa droite à faible distance et la guettent. Myriam ne sait pas quoi faire, mais aperçoit alors près du kiosque à journaux quelques mendiants, à qui elle offre parfois des fruits, mais en un autre lieu. Elle s'approche d'eux et leur explique la situation. Myriam a peur: "Ma voiture se trouve près de [l'Hôtel] Royal, je ne sais pas comment y arriver, sans me faire attraper par ces jeunes."

harcèlement gênant

Les sans-abris réagissent immédiatement: "Ecoutez, déposez vos bières, nous allons accompagner la dame à sa voiture", dit l'un d'eux à ses compagnons. Les sept hommes entourent Myriam Dallanoce et l'escortent jusqu'à sa voiture. Arrivée près du véhicule, Myriam veut leur donner 50 euros pour les remercier. Les sans-abris, qui passent leurs journées assis près d'un supermarché à mendier, ont refusé l'argent. "Madame, c'était un plaisir pour nous, nous ne travaillons pas le soir."

Aujourd'hui encore, près de quatre ans après l'incident, Myriam Dallanoce se souvient de ce moment.

Mais même si elle a eu beaucoup de bonnes expériences avec des mendiants, il y a des situations qu'elle juge très graves. Elle observe sans arrêt la mendicité organisée dans la capitale, les bagarres, et elle se sent parfois harcelée par les femmes qui l'abordent et ne la laissent plus partir. Il faudrait traiter le problème à la racine et ne pas le délocaliser dans d'autres quartiers.

C'est aussi l'avis d'autres passants dans le centre-ville et dans le quartier de la Gare. Cependant, d'autres se sentent à ce point harcelés, qu'ils soutiennent l'interdiction de la mendicité décidée par la Ville de Luxembourg.

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