
Le projet de loi introduisant une classe d’imposition unique “U” a été déposé ce mardi. Les représentants du gouvernement ont également présenté d’autres mesures faisant partie d’un “paquet social” destiné à soutenir les ménages avec enfants.
L’opposition accueille globalement favorablement la réforme fiscale annoncée, avec l’argument que l’État n’a pas à se mêler de la composition des familles.
Mais le LSAP, les Verts et les Pirates critiquent toutefois au micro de RTL le fait que l’individualisation de l’impôt et les autres adaptations, par exemple concernant les allocations familiales, coûteront plus d’un milliard d’euros par an, sans compensation complète.
La députée Sam Tanson (déi Gréng) a évoqué un montant de 1,4 milliard d’euros.
L’élue verte a également regretté, tout comme la présidente du groupe parlementaire LSAP Taina Bofferding, le manque de justice fiscale qui subsiste toujours dans le barème. Taina Bofferding a rappelé que Gilles Roth, lorsqu’il était encore dans l’opposition, était favorable à une hausse du taux d’imposition maximum. Sam Tanson a souligné que les personnes ayant un revenu brut annuel supérieur à 200.000 euros bénéficieront d’un allègement fiscal de 5.000 euros avec le nouveau barème.
Seul l’ADR s’oppose totalement à la réforme. Même si certains éléments positifs s’y trouvent, elle va trop loin, selon son chef de fraction Fred Keup :
“Ce qui se passe ici est véritablement une réforme sociétale de la politique familiale de notre pays. Il ne s’agit pas seulement des impôts. Nous allons défendre la famille pour qu’elle soit préservée. La solidarité au sein de la famille est le cœur de notre société. Il n’est pas acceptable que nous vivions dans une société où seuls ceux qui confient leurs enfants à une structure pour aller travailler, sont soutenus et bénéficient d’avantages. Nous voulons de la justice pour les familles où le père ou la mère reste à la maison pour s’occuper des enfants. Elles doivent aussi y trouver leur compte.” Interrogé sur cette critique et sur la question de savoir où se situe l’aile conservatrice du CSV, le ministre des Finances Gilles Roth a répondu lors de la conférence de presse :
“Le Premier ministre a répété à plusieurs reprises que le CSV n’a pas d’ailes. Mais nous sommes un parti populaire. Et cette réforme fiscale a été discutée au sein du parti populaire CSV ainsi que dans différentes instances du CSV et elle a été jugée positive, en mettant surtout en avant l’élément progressiste qui reflète la réalité de la vie actuelle et qui tient surtout compte du facteur enfant ainsi que de l’allègement fiscal pour la large classe moyenne active. C’était dans notre programme électoral. Cela figure, sous la responsabilité du Premier ministre Luc Frieden, dans le programme gouvernemental. Et nous le mettons en œuvre ici.”
À la question de savoir pourquoi le CSV supprime les avantages fiscaux liés au mariage, la députée Diane Adehm a déclaré qu’on se marie par amour et non à cause des impôts.