
L’évaluation, qui repose sur une analyse fondée sur des indicateurs scientifiques validés par le Point focal luxembourgeois de l’EUDA (Agence de l’Union européenne sur les drogues) n’a pas pu déterminer si ces personnes ont effectivement commencé à consommer “grâce” à la légalisation ou pour d’autres raisons.
Depuis 2023, le Luxembourg autorise la culture de maximum quatre plants de cannabis chez soi. La consommation récréative est également permise dans le cercle privé pour les personnes majeures. La loi prévoit également des peines plus clémentes en cas de saisie de petites quantités ou de consommation dans l’espace public.
On apprend notamment que 46,5% des résidents entre 18 et 64 ans ont déjà fumé au moins une fois du cannabis à des fins récréatives. 14,2% l’ont fait dans les 12 jours précédant l’enquête menée par l’ILRES entre septembre et octobre 2023. Environ 8% des participants avaient consommé durant les 30 jours avant l’enquête.
Seuls 11,5% des personnes sondées par l’enquête ont indiqué avoir des plants de cannabis chez soi, selon l’enquête de l’ILRES. La plupart des citoyens n’ont d’ailleurs pas l’intention d’en planter.
Ces chiffres sont légèrement plus élevés que la moyenne européenne, mais sont similaires à ceux de la France. Cela pourrait également dépendre du mode de l’enquête, qui se faisait par invitation. “On peut partir du principe que les personnes qui y ont participé étaient intéressées par le sujet et qu’elles ont déjà une certaine expérience dans la consommation de cannabis. Comme la loi a changé, les personnes parlent plus ouvertement de leur consommation”, explique Nadine Berndt, du Point Focal luxembourgeois.
L’enquête révèle qu’une partie de la population consomme davantage: les hommes et les personnes de moins de 35 ans. La région ou la nationalité ne seraient pas un facteur de différence, selon l’enquête. Près de 16% ont déclaré avoir consommé une première fois du cannabis après l’entrée en vigueur de la loi. Pour 4,5%, qui avaient déjà consommé avant la légalisation, la consommation a augmenté depuis.
“Ce sont des minorités, la plupart ont déclaré qu’il est peu probable que leur consommation augmente à l’avenir. Tout comme la plupart des personnes ayant participé à l’enquête ont indiqué qu’il était peu probable qu’elles commencent à consommer du cannabis après la légalisation”, relate Nadine Berndt.
Depuis la légalisation partielle au Luxembourg, Jugend- an Drogenhëllef, une fondation luxembourgeoise qui offre un soutien et un accompagnement aux personnes qui consomment des drogues illicites et à leurs proches, reçoit de plus en plus de personnes suite à une consommation problématique de cannabis.
La chargée de direction Ute Heinz voit cela comme une évolution positive: “les gens ont plus tendance à chercher de l’aide et donc à se manifester, c’est une bonne chose”.
La légalisation partielle du cannabis a-t-elle fait augmenter la consommation ou la culture de plants chez soi ? “Impossible à dire pour le moment, d’autres études seront nécessaires pour vérifier ces points”, précise Nadine Berndt.
L’évaluation se poursuivra avec une analyse post-exécution prévue pour 2026, afin de mesurer l’évolution des indicateurs. Des études seront menées tous les trois ans, “notre priorité est d’assurer une politique équilibrée, fondée sur des données objectives, afin de garantir à la fois la protection de la santé publique et une réglementation efficace”, conclut Martine Deprez, ministre de la Santé.
Le reportage en luxembourgeois de RTL Télé: