
Ce lundi démarrait la semaine européenne de la mobilité. Un événement placé sous le signe du développement durable et qui se traduit au Grand-Duché par la gratuité des transports publics. L'objectif est clair: convaincre les automobilistes de délaisser, même le temps d'une semaine, leur véhicule. Rien d'aisé à ça, en particulier en pleine semaine de rentrée scolaire.
Toujours est-il qu'il y a urgence au Grand-Duché: avec plus de 33h passées par personne dans les bouchons chaque année, et une qualité de l'air à surveiller de près, le pays, et surtout sa capitale, sont au bord de l'étouffement.
C'est d'ailleurs le constat tiré par le gouvernement, dont le ministère de la Mobilité accueillait une conférence de l'association IMS Luxembourg - un réseau d'entreprises ayant des objectifs de développement durable - sur la mobilité. Et les chiffres présentés font mal: plus de sept personnes sur dix utilisent toujours leur voiture pour les trajets domicile-travail, alors que la moitié des résidents ont des déplacements inférieurs à 5 km.
Cet dépendance à la voiture provoque non seulement des embouteillages mais pose aussi des problèmes de stationnement à proximité des lieux de travail. Une affluence seulement en partie compensée par les P+R situés aux abords de la capitale et le stationnement en voirie ou offert par les entreprises. La partie immergée de l'iceberg - avec les enjeux environnementaux et sanitaires - est encore plus préoccupante.

Pour y remédier, Nicolas Louvet et Marion Lagadic, du bureau de recherche 6-t et invités par IMS, "la voiture est toujours plus pratique que les autres modes de déplacement, alors il faut légèrement dégrader cet aspect pratique pour le rendre aux autres". Une réflexion essentiellement valable pour la capitale: "S'il n'y a pas d'alternative à la voiture, alors évidemment, il n'y a pas besoin d'aller embêter les gens. Mais s'il y en a, alors ça peut valoir le coup de déranger un peu..." ajoutent-ils.
Une rhétorique en partie reprise par le gouvernement, qui jongle entre la contrainte et l'encouragement. Exemple avec le tram, qui offrira bientôt un nouveau lien entre la gare et les quartiers de la Ville Haute et du Kirchberg, au prix d'une réduction des voies pour le trafic motorisé. Ou encore de la hausse de la taxe sur les carburants, alors que l'État a reconduit sa prime pour l'achat d'un véhicule électrique ou d'un vélo.
Pour les usagers du quotidien, le plus dur reste de sauter le pas: trouver un autre moyen d'aller en course, de déposer les enfants à l'école, dénicher un trajet sûr pour pédaler jusqu'au travail, trouver la motivation de ne pas prendre la voiture en cas de météo capricieuse, serpenter dans les rues sur une trottinette électrique plutôt que dans une tonne de tôle, s'adapter aux horaires des bus...
Pour les participants d'un "bike to work" lundi matin entre la gare et le Kirchberg, l'effort est déjà intégré avec le sourire. Et pour les autres, il n'est pas encore trop tard: "Ceux qui le font doivent en parler autour d'eau" lancent Nicolas Louvet et Marion Lagadic en guise d'encouragement. Si la voiture ne disparaîtra jamais complètement du paysage luxembourgeois, elle peut sûrement en faire un peu moins partie.