
Quand on a passé la soixantaine, pourquoi choisit-on d'habiter dans tel quartier plutôt qu'un autre?
Oui, bien sûr, le critère financier est évident au Luxembourg: vu les prix de l'immobilier, on choisit d'abord en fonction de ses moyens.
Mais ce n'est pas le seul critère, loin de là. La question des services de proximité et des bonnes relations entre les résidents est tout aussi importante, rappelle le Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (LISER).
Il existe en effet un lien entre le fait de vieillir en bonne santé et les caractéristiques d'un quartier, constate Marion Patte, doctorante en géographie à l'Université Paris1 Panthéon-Sorbonne et au LISER. "Plusieurs facteurs environnementaux conditionnent ce vieillissement en santé", constate-t-elle.
Niveau socio-économique, groupe ethnique, pollution, accès aux services comme les transports en commun, sécurité... Autant de critères qui font que "les quartiers dans lesquels vivent les personnes âgées ne sont pas homogènes". Et ces caractéristiques "peuvent se répercuter sur la santé des résidents âgés."
Une enquête a donc été menée en 2015/2016 auprès de 500 personnes âgées de 65 ans et plus, et elle confirme ce lien. "les personnes âgées qui ont accordé une grande importance à la facilité d’accès aux services de proximité dans le choix de leur quartier et celles qui perçoivent de bonnes relations fraternelles entre les résidents ont plus de chances d’être en bonne santé et de rester indépendantes dans la réalisation de leurs tâches quotidiennes."
Un enjeu d'autant plus crucial qu'au Luxembourg, le nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus a triplé en 50 ans, passant de 33.958 en 1961 à 99.986 en 2017. Et ce nombre pourrait grimper jusqu'à 200.000 en 2060!