
Le syndicat soutient sa décision en précisant qu'il en va principalement de l'intérêt du policier. La raison pour ce changement de cap réside dans plusieurs amendements au projet de loi, disponibles depuis quelques jours, qui ont été écrits après les avis du Conseil d'État, de la Commission de la Protection des données et de la Commission consultative des Droits de l'Homme.
Lors d'une conférence de presse organisée lundi soir, le SNPGL a déclaré que le nouveau texte ne correspondait plus à leurs attentes. Dans cette nouvelle version, il est précisé si la caméra corporelle est utilisée dans un espace public ou privé, ce qui est compréhensible d'un point de vue de la protection des données personnelles, mais qui reste suboptimal pour la tactique policière, comme l'explique le vice-président du SNPGL: "l'utilisation des bodycams doit devenir un réflexe pour les policiers dans des situations critiques. Une telle action doit être acquise et apprise selon un entraînement spécifique, et cela semble certain que les agents ne seront pas en mesure de faire la différence entre les conditions de l'espace public ou celles de l'espace privé en pleine situation de stress. Il faut que les mêmes conditions soient applicables partout, afin d'éviter que les agents fassent des fautes à cause d'un réflexe qui n'aurait pas déclenché l'appareil au bon moment", estime Marco Richard.
Pour le SNPGL, la question de la personne autorisée à visionner les images après leur enregistrement est également problématique. Il est prévu qu'un policier doive réaliser une demande écrite au directeur général afin d'obtenir l'accès aux images. Le texte dans sa forme actuelle présenterait plus de désavantages que d'avantages, malgré la bonne volonté de tous les acteurs.
"Si ce texte n'est pas corrigé de manière précise et distincte, les 6 millions prévus ces 5 prochaines années pour les bodycams seraient mieux investis ailleurs", fustige Marco Richard, "le SNPGL souhaite faire passer un message au ministre de la Police Henri Kox: dans ces conditions nous n'avons pas besoin de ces caméras et nous confirmons que nous ne sommes pas d'accord avec ce texte".
Le syndicat de la police redoute cependant que le texte de loi ne soit finalement adopté en dernière minute juste avant les élections car les bodycams figurent dans l'accord de coalition.