
"Un résident du Grand-Duché de Luxembourg est toujours soupçonné se trouver en zone de conflit" (Syrie, Irak, etc.) affirme Jean Asselborn. Mais il s'agirait d'un cas isolé : "Outre la personne visée ci-dessus, les autorités compétentes n'ont, à ce jour, pas connaissance d'un ressortissant de nationalité luxembourgeoise en zone de conflit" précise le ministre des Affaires Étrangères.
Dans une réponse parlementaire publiée aujourd'hui, le ministre confirme que la question du retour des djihadistes étrangers partis combattre aux côtés de l'Etat islamique (EI) concerne aussi le Luxembourg. Un sujet qui divise actuellement en Europe. Certains pays s'interrogent sur la possibilité de "rapatrier" ces combattants actuellement détenus dans des prisons contrôlées par les Kurdes. Environ 900 combattants étrangers seraient emprisonnés dans de telles prisons. Sans oublier ceux qui ont quitté les territoires irakien et syrien de manière volontaire suite au déclin de l’État islamique.
Le député Laurent Mosar (CSV) interroge donc le ministre sur la position du Luxembourg sur un éventuel "rapatriement" de ressortissants luxembourgeois afin de les faire juger. Jean Asselborn cite la loi : "La personne dont il est soupçonné qu'elle se trouve en zone de conflit est signalée conformément à la loi et peut faire, le cas échéant, l'objet d'un mandat d'arrêt international." Mais si cette personne désire rentrer d'elle-même, "le Luxembourg ne pourrait refuser l'entrée sur son territoire d'un ressortissant de nationalité luxembourgeoise, étant entendu que cette personne ferait l'objet des mesures de surveillance appropriées".
Car évidemment, les services de renseignements sont aux aguets : "tout combattant terroriste étranger qui retourne d'une zone de conflit au Luxembourg et qui est connu des services compétents sera surveillé par les autorités de sécurité et, le cas échéant, poursuivi conformément à la législation en vigueur".
Reste une question : faut-il accorder à ce résident du Luxembourg une assistance consulaire? Sans se prononcer sur sa nécessité, le ministre rappelle que cette assistance est possible : "De façon générale, une assistance consulaire est fournie par le Ministère des Affaires étrangères et européennes et son réseau d'Ambassades à la demande des ressortissants luxembourgeois". De plus, "tout citoyen de l'Union bénéficie, sur le territoire d'un pays tiers où l'Etat membre dont il est ressortissant n'est pas représenté, de la protection de la part des autorités diplomatiques et consulaires de tout Etat membre, dans les mêmes conditions que les nationaux de cet Etat". Par contre, si le résident n'est pas de nationalité luxembourgeoise, il devra faire appel aux services d'assistance consulaire de son pays de nationalité.