
Ces appareils sont défectueux en ce sens que la mousse insonorisante qu'ils contiennent, se dégrade en particules potentiellement nocives, qui peuvent être inspirées par les patients.
Malgré ce rappel mondial, une partie des patients concernés semblent ne pas avoir été prévenus.
Au Luxembourg, l'association de patients "Patiente Vertriedung" a appris l'opération de rappel fin octobre 2022. L'ASBL a été contactée par une personne qui dispose d'un appareil concerné et qui n'a pas été avertie du rappel, explique un porte-parole de la Patiente Vertriedung, Georges Clees:
"Là, nous avons réalisé qu'il ne s'était au fond rien passé au Luxembourg, que personne n'avait attiré l'attention là-dessus. Nous avons alors évidemment immédiatement communiqué sur Facebook, sur notre site internet et tenté d'informer les gens. Nous avons aussi adressé des mails au ministère et à la Direction de la Santé, pour demander où en était l'affaire et pour demander une réaction."
La FHL, la Fédération des hôpitaux luxembourgeois, a également seulement appris le rappel en question la semaine dernière. Suite à quoi, elle a informé ses membres, selon son secrétaire général, Sylvain Vitali.
"L'information que nous avons de la Direction de la Santé, est qu'il y a plus de 1.000 patients au Luxembourg qui ont un tel appareil et ils ont tous été contactés. Et une action est actuellement en cours pour réparer les appareils, respectivement les remplacer, en collaboration avec la CNS."
Deux des quatre hôpitaux luxembourgeois sont concernés par le rappel. Interrogé par nos collègues de RTL, le ministère de la Santé a déclaré qu'il y aurait au Luxembourg 873 appareils concernés, qui ont uniquement été distribués par le Centre hospitalier du Nord. Ces informations n'étaient cependant pas tout à fait complètes. En effet, les Hôpitaux Robert Schuman sont également concernés, mais dans ce cas, les appareils potentiellement défectueux ont été livrés par une société extérieure, de sorte que les autorités sanitaires ne sauraient pas précisément de combien d'appareils il s'agit.
Le producteur lui-même ne sait pas exactement combien d'appareils étaient en circulation au Luxembourg, car ceux-ci sont arrivés au Grand-Duché via des fournisseurs dans les pays voisins.

Interrogée, la société Philips déclare que les autorités luxembourgeoises auraient été informées le 14 juin 2021. Malgré cela, les patients luxembourgeois ne savaient rien de ce rappel, ce que Georges Clees, le représentant de la Patiente Vertriedung explique ainsi:
"Nous avions déjà le problème en 2018 avec le dossier "implant" (...). Au Luxembourg, nous n'avons au fond pas de véritable agence ou d'interlocuteur, il n'y a au fond personne qui soit principalement en charge du problème. Il y a unepharmacovigilance, qui est compétente pour les médicaments. Maintenant il est difficile de dire si un tel appareil relève de son domaine de compétence."
Pour la FHL en revanche, il n'y aurait pas de doute sur qui est compétent ici.
Sylvain Vitali: "Il y a une matériovigilance au Luxembourg, car il y a une loi sur la Direction de la Santé, où la matériovigilance relève très clairement de la compétence de la Direction de la Santé. Nous savons aussi qu'un projet de loi est déposé pour créer une agence nationale qui devra assurer aussi bien la pharmacovigilance que la matériovigilance."
En Allemagne et en France, il est actuellement recommandé que les patients qui ont un appareil concerné, continuent de l'utiliser, jusqu'à ce qu'il soit remplacé. Philips affirme pour sa part vouloir remplacer 90% des appareils défectueux d'ici la fin de l'année. Le producteur souligne en outre que jusqu'à présent, les études n'indiqueraient pas de dommages à long terme ou un risque plus élevé de cancer dû aux appareils concernés.