"Trop de risques"Pas d'école privée à Medernach, le ministère explique son refus

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La demande d'établissement d'une nouvelle école privée à Medernach a été refusée par le ministère de l'Éducation via arrêté grand-ducal.
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L'école devait accueillir les enfants de 3 à 16 ans et fonctionner selon un modèle d'éducation similaire à celui du lycée Ermesinde, en valorisant davantage les initiatives personnelles et les projets pratiques des élèves et en n'évaluant pas leurs résultats par des points. C'était l'idée de base de l'ASBL École Nicomaque, qui souhaitait créer un établissement alternatif dans un bâtiment à Medernach.

Leur demande officielle de réalisation d'une école privée a cependant été refusée sur recommandation du ministère de l'Éducation via arrêté grand-ducal.

Le ministère relève certains points négatifs dans l'élaboration du projet, notamment l'échec qui n'est pas prévu dans le concept ou l'absence de précisions quant aux compétences que les élèves doivent atteindre.

Pour le Premier Conseiller de gouvernement au ministère de l'Éducation, "les niveaux visés par les différentes classes et les études que les élèves pourront suivre après leur cursus sont des éléments cruciaux du dossier que l'ASBL doit définir. C'est important dans l'intérêt des enfants afin qu'ils ne soient pas laissés pour compte après leur passage à l'école ou qu'ils ne puissent pas réaliser d'examen final au Luxembourg", explique Lex Folscheid.

Le ministère et le gouvernement se heurtent également à un problème encore plus fondamental, celui de la réalisation, par les élèves, de produits et de services qui seront ensuite commercialisés. "Le concept de l'association, comme il nous a été présenté, présente un risque de travail des enfants pour une école qui en fait est une entreprise commerciale", poursuite Lex Folscheid.

Après le refus officiel du gouvernement au mois de juillet, l'ASBL a introduit un recours gracieux avec des précisions ainsi que certaines adaptations au texte du projet, mais le ministère a finalement maintenu son refus.

"Il ne s'agit pas d'un simple jugement, précise le Premier Conseiller de gouvernement au ministère, mais nous sommes clairement face à des problèmes déontologiques et juridiques. Aucun accord ne sera trouvé dans ce dossier aussi longtemps qu'ils ne sont pas résolus".

En outre, et toujours selon le ministère, de nombreux essais pédagogiques proposés et envisagés par l'ASBL sont également faisables au sein de l'école publique. Des projets innovateurs sont déjà en cours, notamment à Mersch ou à Mondorf, où les enfants apprennent déjà de manière autonome et où le personnel enseignant joue plutôt un rôle d'accompagnateur.

"Pas besoin d'ouvrir une école pour proposer ce genre d'apprentissage", conclut Lex Folscheid.

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