Pension nazie"On ne peut pas exclure que des collaborateurs la reçoive"

Gaël Arellano
La pension nazie: qu'est ce que c'est? Qui les touche? Pourquoi? Le Dr. Christophe Brüll prend la parole.
Pensions nazies
Interview: Gaël Arellano
Montage: Christophe Wantz

Ils sont six à toucher la très controversée "pension nazie" au Luxembourg. Une information confirmée il y a quelques mois par notre ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn.

Mais à part ça, on en sait relativement peu sur ces pensions qui ont fait l’objet de beaucoup de spéculations depuis. Lundi matin, nous nous sommes entretenus avec le Dr. Christophe Brüll, spécialiste des relations bilatérales avec l’Allemagne et professeur assistant à l’Université du Luxembourg.

Dans cet entretien, M. Brüll a tout d'abord tenu à préciser qu'il ne s'agissait pas de "pensions" mais bien "d’indemnités". Un dédommagement qui revient "aux victimes de préjudices corporels" liés à la Deuxième Guerre Mondiale et qui peut tout aussi bien concerner "des collaborateurs" que des "civils".

"On ne peut évidemment pas exclure que des collaborateurs touchent cette indemnité" nous a-t-il confié. Il insiste cependant: "Ce n'est pas la collaboration qui est récompensée, c'est le préjudice corporel."

"IL FAUT FAIRE UNE DEMANDE"

Ce que l'historien cherche maintenant à savoir c'est comment les étrangers indemnisés ont été informés du fait qu'ils pouvaient avoir droit à des dédommagements.

"On sait qu'en Belgique, des hommes politiques liés au nationalisme flamand ont fait les démarches nécessaires pour toute une série de personnes", par contre au Luxembourg, "ce n'est pas encore très clair". Car il faut le savoir, pour avoir accès à ces indemnités, "il faut faire une demande".

Parce que d'après M. Brüll, on ne connaîtra pas l'identité des personnes qui reçoivent ces indemnités de sitôt: "Il faudra attendre au moins 100 ans en principe pour que de telles données soient accessibles à la recherche."

 

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