CGDIS"Nous sommes là pour amortir le choc", explique la cheffe adjointe du Groupe de support psychologique

Carine Lemmer
traduit pour RTL Infos
"Etre simplement présent, être à l'écoute des gens, c’est déjà extrêmement important", a expliqué mardi sur RTL Laurence Diederich, cheffe adjointe du GSP, le Groupe de support psychologique du CGDIS.
© RTL Lëtzebuerg

Le GSP intervient lorsqu’un événement grave survient, par exemple après un accident mortel, une catastrophe, une évacuation lors d’un incendie, une agression ou un suicide. “Notre objectif est de stabiliser les personnes. Beaucoup sont en état de choc, elles n’arrivent plus à avoir des pensées claires. Nous sommes là pour amortir ce choc et pour voir avec elles comment planifier la prochaine étape et ce qui va se passer dans les prochaines heures et les prochains jours”, indique Laurence Diederich.

La cheffe adjointe du GSP ajoute qu’”il n’y a vraiment pas deux interventions identiques. Certaines personnes sont très calmes, d’autres extériorisent davantage leurs émotions. Il n’y a pas de règle.

250 interventions par an

Environ 50 personnes travaillent bénévolement pour le GSP et effectuent quelque 250 interventions par an. “Le Groupe de support psychologique fait partie du CGDIS. Cela signifie que nous sommes généralement contactés via le 112. Nous intervenons lors de décès, d’accidents, entre autres. En fait, tout le monde peut nous solliciter via le 112, même si c’est très souvent la police ou les pompiers qui le font, mais les familles, les amis ou encore des témoins d’incidents graves peuvent également nous contacter”, précise
Laurence Diederich.

Le GSP peut intervenir jusqu’à 72 heures après un incident, mais une seule fois. “Ensuite nous veillons à ce que les personnes aient un soutien lorsque nous ne serons plus là, que ce soit un soutien social venant d’amis, de la famille, des voisins ou encore une aide extérieure”, ajoute la cheffe adjointe du GSP.
Une intervention dure environ trois heures.

Nous sommes tous pompiers”, explique Laurence Diederich. Les membres du groupe ne se rendent jamais seuls chez les gens, ils sont “minimum deux”, ils ne se rendent pas chez eux sans prévenir, mais répondent toujours à une demande et ils préfèrent rester discrets pour protéger les personnes. C’est pourquoi les membres du groupe se déplacent avec leur voiture personnelle et ne portent pas d’uniforme.

Pas de psychologue, mais une formation psychologique pour chaque bénévole

Le profil de ceux qui travaillent au Groupe de support psychologique est très varié. Les 50 bénévoles exercent cette activité en plus de leur métier, certains sont à la retraite. Il n’est pas nécessaire d’être psychologue, mais tous les volontaires ont suivi une formation psychologique spécifique. Une formation dont l’importance pour assurer la lourde tâche qui incombe au GSP, est soulignée par la cheffe ajointe : “Nous apprenons justement à gérer ce type de situations, à garder une certaine distance tout en restant empathiques. Ensuite, le fait d’intervenir à deux ou en équipe aide aussi : nous n’avons pas à porter cela seuls. Nous avons des supervisions trois fois par an. Et si une intervention est particulièrement difficile ou a été plus compliquée qu’une autre, il est possible de demander une supervision supplémentaire.” Les membres du GSP peuvent eux-mêmes bénéficier d’un soutien psychologique si nécessaire.

Le GSP réfléchit aussi à son avenir. “Jusqu’à présent, nous avons pu assurer toutes les interventions sur lesquelles nous avons été appelés”, indique Laurence Diederich. “Mais nos chiffres d’interventions augmentent. La population croît. Cela signifie que nous devons nous demander dans quelle direction nous voulons aller. Professionnaliser n’est pas si simple. Mais il y a déjà, au moins, des réflexions et des idées sur la manière dont nous pourrions le faire.

Le GSP cherche des renforts

Le GSP recrute de nouveaux membres tous les deux ans. En février, deux réunions d’information sont prévues. Il faut assister à au moins l’une d’entre elles si l’on est intéressé. Aucune connaissance particulière n’est requise, mais il faut être membre actif du CGDIS ou le devenir. Des informations supplémentaires sont disponibles ici.

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