
L'hiver luxembourgeois 2022/2023 offre une image bien différente de ceux des deux dernières années. Les mesures qui ont impacté notre quotidien lors du pic de la pandémie, ne sont pour la plupart plus d'actualité.
Cela veut-il dire que la pandémie fait partie de l'histoire ancienne? Son développement en Chine après la fin de la politique 0-Covid pourrait-elle amener un nouvel épisode? À quel point de nouveaux variants pourraient-ils être dangereux? Et comment allons-nous vivre avec le virus dans le futur? Nous avons posé ces questions au virologue Dr. Claude Muller.
Pour le virologue du Luxembourg Institute of Health (LIH), la pandémie est pour l'instant arrivée à sa fin, étant donné qu'il n'y a plus que deux à trois personnes atteintes du virus en soins intensifs. "Je pense qu'il est important que tout le monde ait compris que nous sommes en fait à la fin de la pandémie et que la responsabilité incombe de nouveau aux personnes elles-mêmes et pas à l'État." Pour lui, le gouvernement ne devrait plus sans cesse intervenir et c'est aux citoyens de se protéger - en premier lieu avec le vaccin.
Par ailleurs, le Dr. Muller ne s'attend pas à une nouvelle grande vague en Europe suite à la forte propagation du virus en Chine. Il ajoute qu'il faut néanmoins faire attention à quels variants pourraient arriver de Chine. "C'est pourquoi je suis pour une obligation de test Covid pour les voyageurs venant de Chine." Les États membres de l'UE se sont prononcés mercredi soir pour une recommandation pour une obligation de dépistage pour les personnes qui arrivent de Chine. Les trois pays voisins du Luxembourg l'ont d'ores et déjà instaurée. Le Luxembourg n'a cependant pas encore pris de décision définitive sur cette question.
Mais comment se fait-il qu'après presque trois ans de pandémie, le Covid ait pu se propager autant en Chine? "Les variants qui y sont, sont très infectieux et ils rencontrent une population qui n'a vraiment pas de protection vaccinale et qui n'a pas vraiment fait face au virus avec la politique 0-Covid", explique le virologue du LIH. "Il se peut qu'il traverse la population tellement rapidement que ce sera pratiquement fini d'ici quelques mois." Jusque-là, beaucoup de gens devraient être infectés et donc beaucoup développeront aussi une forme plus grave, de sorte que les patients pourraient rapidement saturer le système de santé.
Le Dr. Muller ne s'attend cependant pas à de gros problèmes pour le moment à cause de nouveaux variants. "Les personnes qui connaissent uniquement le coronavirus, pensent que le virus change sans cesse. Mais ce n'est pas forcément le cas", explique le virologue.
De nouveaux variants pourraient peut-être être plus infectieux, mais ça ne les rend pas forcément plus virulents. Le vaccin devrait probablement continuer à protéger, selon le Dr. Muller. La protection vaccinale est ici un point important et il faut garder les variants à l’œil, ajoute-t-il.
En ce qui concerne l'évolution du virus, selon le virologue il est important de continuer à faire des rappels de vaccinations pour se protéger, si elles sont recommandées. Des vaccins adaptés pourraient dans une prochaine phase protéger contre un léger développement ou même une infection. Des combinaisons de vaccins avec d'autres maladies respiratoires, comme le virus de la grippe, sont également envisageables.