
“Nous pouvons faire mieux et nous sommes meilleurs que le gouvernement actuel”, a affirmé la présidente du LSAP, Francine Closener, mercredi soir lors de la réception de Nouvel An de son parti. “Vous allez dire que ce n’est pas très difficile, et vous n’avez pas tort. Nous avons en effet vu et vécu ce qu’ils ont fait ces deux dernières années”, poursuit la députée, évoquant, entre autres, une restriction des droits des syndicats, le sabotage du dialogue social, la généralisation du travail dominical, une réforme des retraites bricolée et une privatisation rampante de la médecine. “Oui, Luc Frieden a livré, malheureusement, je crains qu’il n’en ait pas encore terminé”, ajoute-t-elle.
Le président du parti, Dan Biancalana, a évoqué un Luc Frieden “avant tout convaincu de lui-même. Mais aussi un peu dépassé”. Et Dan Biancalana de souligner que le Premier ministre “a brisé beaucoup de porcelaine, mais il n’est pas le seul au sein du gouvernement. Ce mélange de surestimation de soi et d’arrogance, avec lequel des dossiers sensibles ont été traités, sans empathie et sans beaucoup de discernement, ont mené droit dans le mur.”
Le LSAP ne veut cependant pas, comme le souligne Dan Biancalana, que l’incompétence et l’arrogance du gouvernement soient la force des socialistes. La force du LSAP réside dans ses idées, ses convictions et ses propositions.
Pour le parti, la campagne électorale pour 2028 commence dès maintenant. Ce n’est toutefois pas le duo Closener/Biancalana qui mènera le LSAP aux élections. Lors du congrès de mars, au cours duquel les socialistes se doteront d’un nouveau programme fondamental, une nouvelle direction sera élue, et les deux députés ne se représenteront pas.
Le coordinateur général du parti, Ben Streff, ne sera pas non plus de la partie. Il vient de démissionner et il avait critiqué mercredi matin sur RTL le manque de présence sur le terrain des anciens ministres désormais députés. Une critique que la plupart des intéressés réfutent. Mercredi soir, certains anciens ministres n’ont rien voulu dire, parce qu’ils ne souhaitaient pas commenter un non-événement ou parce qu’ils n’avaient tout simplement pas entendu l’interview.
Pour Paulette Lenert, par exemple, ces reproches ne sont pas nouveaux, mais elle estime qu’il est tout simplement impossible de satisfaire tout le monde en permanence. “Chacun a son style. Moi, personnellement, je suis efficace, mais ne me demandez pas d’aller à toutes les fêtes de village. J’ai parfois besoin de prendre du recul, j’aime lire, et cela ne correspond peut-être pas toujours à toutes les attentes. Cela, je peux volontiers l’accepter.” Et l’ex-ministre de rappeler qu’elle ne chôme pas : “Je pense que, dans les domaines où je suis active, je dois aussi y travailler. Cela prend du temps. Et c’est du temps que je m’accorde. Pour moi, il est très clair que mon quotidien ne consiste pas à être dehors tous les soirs et tous les week-ends du matin au soir.”
Quant à l’ancien ministre du Travail, Georges Engel, il ne comprend absolument pas les critique de Ben Streff. Il indique qu’il est très présent sur le terrain et que ces critiques ont déjà été émises. “C’est pourquoi je ne comprends pas pourquoi cela revient encore une fois. Mais peut-être qu’il y avait encore un compte à régler ou, je ne sais pas, ce que Ben avait en tête. J’aime bien Ben en tant que personne, mais on aurait pu se passer de ça”, selon Georges Engel.