Journée nationale de la résistance"Nous battre ensemble" pour que de telles atrocités "ne puissent jamais se reproduire"

Jeannot Ries
traduit pour RTL Infos
Lors de la Journée nationale de la résistance dimanche, un appel a été lancé à ne pas “se taire”, mais à réagir lorsque la vérité historique et les droits humains sont bafoués.

Cette journée rappelle le meurtre de 23 jeunes résistants luxembourgeois, exécutés le 25 février 1944 au camp de concentration de Hinzert, près de Trèves en Allemagne. C’est aussi l’occasion de rendre hommage à celles et ceux qui ont résisté et sont morts sous l’occupation nazie du Luxembourg pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Ce dimanche, cela faisait 80 ans jour pour jour que le permis d’exhumation était délivré pour ramener les jeunes Luxembourgeois de Hinzert dans leur patrie. Ils reposent désormais dans le carré du cimetière Saint-Nicolas où s’élève la Croix de Hinzert, lieu où l’on commémore depuis toutes les victimes des guerres.

La cérémonie commémorative organisée à Luxembourg-Ville, en présence, notamment, du Premier ministre Luc Frieden, a été l’occasion de célébrer la paix, à un moment où la guerre marque à nouveau notre quotidien et où les valeurs du vivre-ensemble pacifique sont remises en question. Une période aussi où, des positions extrêmes s’expriment au sein même de l’Union européenne, remettant en cause notre vision commune.

Guy Dockendorf, membre du Comité pour la mémoire de la Deuxième Guerre mondiale, a donc lancé un appel à toutes et tous :
En tant que descendants de celles et ceux qui, pendant la guerre, ont tenu bon et ont souvent risqué leur propre vie pour lutter contre la terreur nazie, il reste de notre devoir de ne pas nous taire lorsque la vérité historique, lorsque la Déclaration des droits de l’homme de 1948, sont de plus en plus bafouées. De plus en plus de personnes, et les soi-disant arguments parlant, je cite, de “dénazification” et de “génocide” pour justifier l’attaque russe contre l’Ukraine, en témoignent. De plus en plus de personnes n’ont plus le courage de faire face à la vérité historique.

La terreur nazie durant la Seconde Guerre mondiale est elle aussi banalisée par un nombre croissant de personnes. C’est pourquoi des manifestations comme celle de dimanche sont vitales ; il est essentiel d’entretenir la mémoire, en particulier auprès des jeunes. Des élèves du Lycée Ermesinde de Mersch ont ainsi lu des textes au cours de la cérémonie.

Le prix du combat contre le fascisme dans le pays a été élevé : environ 4.000 résistants ont été arrêtés et envoyés en prison ou dans des camps de concentration. 800 n’ont malheureusement pas survécu à cette torture”, a déclaré l’une des lycéennes.

L’ordre international tel qu’il a été construit après la Seconde Guerre mondiale est aujourd’hui remis en question.

“Nous devons donc nous battre ensemble. Pour que ce qui s’est passé durant la Deuxième Guerre mondiale, avec les énormes atrocités, avec les nombreuses victimes, avec, oui, des choses que nous ne pouvons même pas nous imaginer, ne puissent jamais se reproduire. Et néanmoins, il se produit tous les jours”, a déclaré le Premier ministre Luc Frieden en s’adressant aux représentants d’autres Etats.

Le Premier ministre a clairement évoqué les guerres, en Ukraine, en Iran, au Proche-Orient et ailleurs dans le monde. Mais aussi la situation au sein de l’Union européenne, où, dans certains pays, des positions extrêmes remettent en question tout ce que nos aînés ont construit : la paix, la liberté et la prospérité.

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