
"Notre futur est incertain, mais nous n'avons pas le temps d'y penser", a déclaré jeudi sur RTL Michael Feit. Le responsable de la coopération internationale chez Caritas a expliqué que "son équipe essaye de sauver autant de projets que possible", la nouvelle structure "Hëllef um Terrain" (HUT), créée après les déboires financiers de Caritas, n'ayant pas repris les activités internationales de cette dernière.
Ils aimeraient que les contrats déjà signés, certains avec l'UE, certains avec l'ONU, soient respectés. Ils s'en tiennent à cela et ne veulent pas renoncer à cette responsabilité, a précisé Michael Feit. Jusque-là, il a encore perçu son salaire. Il suppose qu'il va continuer d'être payé, mais il ignore combien de temps. Pour lui personnellement, ce ne serait pas dramatique. En cas de besoin, il poursuivra son travail bénévolement.
Ce qui est dramatique, c'est qu'"au Sud Soudan, des dizaines de milliers de ménages, soit 40.000 personnes, ne pourront plus être approvisionnés en denrées alimentaires. Au Bangladesh, des milliers de ménages ne recevront plus de semences."
La disparition de Caritas attriste Michael Feit. Il tente de convertir sa colère face à tout ce qui s'est passé en force pour essayer d'en limiter au maximum l'impact sur les bénéficiaires des aides, explique-t-il. 55 personnes au Sud Soudan et 35 au Laos vont perdre leur emploi. Et il n'est évidemment pas facile d'expliquer à ses partenaires que la coopération ne sera bientôt plus possible.
Le ministre des Affaires étrangères a toujours parlé de 28 projets de Caritas et de cinq qui ne pouvaient pas être sauvés. C'est une question de définition, souligne Michael Feit, Caritas avait bien plus de 60 projets. "De nombreux projets sont désormais arrivés à expiration et il n'était plus possible à Caritas de passer à la phase suivante. C'est extrêmement triste, particulièrement dans des endroits tels que la bande de Gaza ou la Syrie. Mais il faut être fier du fait que la plupart des projets ont pu être sauvés immédiatement dès les premières semaines, grâce au vaste réseau de la famille Caritas."
Le responsable de la coopération internationale de Caritas détaille les raisons pour lesquelles "il n'est pas si simple de reprendre un projet, surtout dans un pays en guerre civile. Il faut des compétences particulières et de bonnes relations avec les autorités, afin d'obtenir des autorisations. Il n'est pas évident non plus d'y envoyer de l'argent. Il s'agit aussi d'un pays sous embargo". Il est donc normal que personne ne "lève le doigt".
Cela fait 15 ans que Caritas y a ouvert son bureau, qui a deux pôles: le domaine sanitaire et le domaine alimentaire. En ce qui concerne l'aspect santé, Caritas Pays-Bas va assurer un financement transitoire. Ils ont également obtenu 20.000 euros de Caritas Japon à cette fin. Le ministre des Affaires étrangères est également en train d'essayer de trouver une solution durable. Le principal problème est simplement qu'ils ne reçoivent plus de financement des Nations-Unies, car ils ne remplissent plus les critères, selon Michael Feit.
Caritas Luxembourg vient actuellement en aide à des familles et des enfants touchés par la guerre en Ukraine. L’avenir de cette aide est incertain.
Même si Caritas Luxembourg est en liquidation et que les projets internationaux ne sont en principe pas poursuivis, quelques-uns sont préservés pour l'instant, dont un à Ivano-Frankivsk, une ville de l’ouest de l’Ukraine. Ici, des enfants et des familles déplacés par la guerre reçoivent une aide humanitaire. En outre, les élèves de quatre écoles primaires bénéficient d'un soutien psychosocial afin de mieux faire face à cette situation difficile. Des salles adaptées aux enfants ont notamment été aménagées, dans lesquelles les enfants peuvent avoir des entretiens individuels ou des conversations en groupe. De plus, des ateliers sont organisés dans lesquels un travail créatif est effectué avec les enfants, afin qu'ils puissent se changer les idées et qu'ils souffrent moins du stress.
Le projet est organisé par la section locale de Caritas et financé par l'Etat via Caritas Luxembourg. Le projet de six mois, se termine en principe fin octobre. Si on suit ses bénéficiaires en Ukraine, il faudrait le prolonger, selon Fränz Jacobs, qui se trouve actuellement en Ukraine pour Caritas Luxembourg.
"Au cours des conversations dans les quatre écoles où je suis allé, il a été exprimé à plusieurs reprises qu'ils espèrent que quelque chose puisse se poursuivre." Il évite un peu de répondre et dit qu'il faudra voir comment évoluent les négociations avec les donateurs au Luxembourg, explique Fränz Jacobs.
Fränz Jacobs a 70 ans, il a effectué quasiment toute sa carrière professionnelle chez Caritas. En 2015, il a pris sa retraite, mais depuis, il y travaille toujours en tant que bénévole. Concrètement, il va voir sur le terrain si les projets financés par le Luxembourg se déroulent comme ils doivent. Il espère évidemment qu'une solution sera trouvée, qui permettra de poursuivre les activités internationales de Caritas Luxembourg.