
Environ 200 millions de femmes dans le monde ont subi une forme quelconque de mutilations génitales et on estime qu'une petite fille est excisée toutes les 15 secondes.
Un phénomène suffisamment grave pour qu’une Journée internationale lui soit consacré, le 6 février. Dans ce contexte, le Service égalité des chances de la Ville de Luxembourg, en collaboration avec les ONG Fondation Follereau et PADEM tient ce mercredi un stand d’information sur la place d’Armes (de 12 à 14h).
"Ces pratiques consistent à l'ablation partielle ou totale ou à l'altération des organes génitaux féminins externes pour des raisons qui ne sont pas médicales. Cela est fait sans précautions particulières, le plus souvent avec une lame de rasoir, provoquant alors des saignements importants ainsi que des complications sanitaires chez les femmes, pouvant entraîner la mort", détaille l’asbl Padem qui mène un projet au Sénégal où l’excision constitue une pratique répandue.
Afin de rendre attentif à cette violation des droits fondamentaux que risquent de subir plus de trois millions de filles et de femmes tous les ans en Afrique, les passants pourront participer à un court sondage. Celui-ci permettra à la Fondation Follereau et à Padem d’établir une statistique comparative sur les connaissances de cette pratique au Luxembourg, instrument indispensable pour la lutte contre cette forme de discrimination inacceptable et la violence sexuelle envers les femmes.
Parallèlement, une exposition présentant des témoignages de femmes ayant subi une excision, intitulée "NON d’une femme" est organisée au Cercle Cité.
La Fondation Follereau s’engage au Burkina Faso et au Mali, où respectivement 75,8 % et 85,2 % des femmes sont excisées. Grâce à la fondation, les femmes qui le désirent peuvent obtenir une chirurgie réparatrice dans leur pays et leur entourage est sensibilisé sur les raisons non médicales de l’excision et sa dangerosité pour la santé des femmes. Les femmes concernées reçoivent également un suivi médical pour soigner les séquelles (infections, cicatrisations, fistules obstétricales,…) de l’excision et un encadrement psychologique.
De son côté, Padem, travaille au Sénégal où leur projet vise à propulser une dynamique communautaire afin de stopper le silence autour de l’excision: éducation des jeunes filles, suivi d’exciseuses, prise en charge médicale, psycho-sociale et juridique, protection des enfants. Plus de 22.000 personnes ont bénéficié de ce programme.
Unicef-Luxembourg soutient depuis 2015 un projet spécifique en Ethiopie avec le soutien de la Fondation Espoir, abritée sous l’égide de la Fondation de Luxembourg, assure aussi bien la prévention que les soins médicaux. Le but étant d’informer et de sensibiliser pour que les filles ne soient plus excisées, et assurer une prise en charge médicale pour celles déjà victimes.
Après quatre années d’existence, le projet est déjà implanté dans 12 hôpitaux - 170 centres de santé – 158 postes de soins, prenant en charge chaque mois, 25.000 fillettes et femmes.