Insécurité à la GareLydie Polfer: "C'est une situation intenable et inadmissible!"

Maurice Fick
Face au ras-le-bol des riverains du quartier Gare, la bourgmestre de Luxembourg, impuissante, réclame le pouvoir de police. La solution pourrait venir des urnes le 8 octobre, rêve-t-elle.
Samedi 23 septembre, entre 300 et 400 habitants du quartier Gare ont défilé dans la capitale pour faire entendre leur ras-le-bol face à l'inquiétante insécurité qui plombe leur quotidien dans leur quartier.
Samedi 23 septembre, entre 300 et 400 habitants du quartier Gare ont défilé dans la capitale pour faire entendre leur ras-le-bol face à l'inquiétante insécurité qui plombe leur quotidien dans leur quartier.
© Domingos Oliveira / RTL

Devenu le quartier mal-aimé de la capitale, la Gare fait régulièrement la "Une" des médias à cause de faits divers comme ce récent coup de couteau dans le dos ou d'autres agressions brutales, mais ils ne sont que la partie visible d'un quotidien souvent glauque et complètement déboussolant pour les riverains qui craignent pour la sécurité de leurs enfants.

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Opérations policières coup de poing dans le milieu de la drogue, nouvelle loi sur l'éloignement forcé de personnes ("Platzverweis") votée en juillet 2022, rondes d'agents de sécurité privés, réunions régulière de quartier... rien n'y fait. Au fil des années le sentiment d'insécurité a grandi au point de pousser 300 à 400 habitants du quartier Gare à descendre samedi dans la rue pour scander leur ras-le-bol et exiger des décideurs politiques que l'ordre public soit enfin rétabli. À commencer par une présence policière 24h/24.

© Domingos Oliveira / RTL

Cette manifestation de riverains, plutôt inhabituelle au Luxembourg, crée une pression supplémentaire sur les épaules des élus de la capitale, mais surtout du futur gouvernement qui émanera des élections législatives du 8 octobre. "C'est une situation intenable et inadmissible!", se désole Lydie Polfer, bourgmestre de Luxembourg. Elle est confrontée depuis de nombreuses années à la situation, mais reconnaît son impuissance à pouvoir la solutionner seule.

"Nous vous avons entendu. Vous avez raison. mais nous n'avons pas le pouvoir de dire à un policier qu'il faut aller patrouiller dans le quartier", a répondu ce mercredi matin Lydie Polfer aux riverains en colère.  Car "les gens pensent toujours que le bourgmestre est le chef de la police. Mais ce n'est pas le cas", explique la bourgmestre.

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C'est tout le dilemne de cette affaire: "Dans le règlement de police, la bourgmestre est responsable de la sécurité, mais elle n'en a pas les moyens", résume Serge Wilmes, premier échevin de la capitale. Et pourtant "c'est extrêmement important que le bourgmestre recouvre la possibilité d'organiser la sécurité dans l'espace public", estime Lydie Polfer. Avant de souligner que "dans tous les pays voisins, le bourgmestre a le pouvoir de police".

Le message du sentiment partagé de l'intolérable situation n'était pas le seul envoyé ce mercredi par le tandem qui dirige la capitale. Le second était nettement plus politique. Car Lydie Polfer (DP) et Serge Wilmes (CSV) sont bien d'accord sur une présence policière renforcée: "On a besoin de patrouilles permanentes", lance Lydie Polfer.

La solution peut venir des urnes

Mais avec les effectifs en place, "les policiers ne peuvent pas tout faire", comprend bien la bourgmestre qui parle de "280 à 300 policiers" en place dans la capitale "sur trois postes". Autant dire "entre 50 et 60 disponibles au mieux" au quotidien. Ce qui ne suffit pas à ses yeux pour assurer une présence policière préventive.

© Maurice Fick / RTL

Polfer et Wilmes sont aussi unanimes sur la nécessité de créer une police communale à Luxembourg-Ville. Ce que proposent d'ailleurs leurs partis. Mais pour cela, il faut une loi. La députée-maire s'"investira à 100% pour organiser cela". Les deux élus font comprendre que la balle est à présent dans le camp des électeurs: "On attend de voir quel choix les gens feront le 8 octobre et on verra à qui on aura à faire", glisse Lydie Polfer.

Sur le 133.000 habitants seuls 33.109 Luxembourgeois pourront voter le dimanche 8 octobre (ils étaient 29.551 aux élections législatives de 2018). Reste à savoir pour combien d'entre eux la sécurité dans le quartier de la gare est un sujet vital.

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