Alors que Paris et Berlin veulent accélérerLuxembourg freine la réforme du marché unique

AFP
La France et l'Allemagne ont appelé mardi les 27 à s'entendre d'ici juin sur la renforcement du marché unique, vaste projet pour améliorer la compétitivité de l'UE, en dépit des réticences du Luxembourg et de l'Irlande sur la supervision des marchés financiers.
© Diego Grandi / Envato

La Commission européenne a proposé en décembre d’accroître les pouvoirs de l’autorité européenne des marchés financiers, l’Esma, qui a aujourd’hui un simple rôle de coordination, au détriment des régulateurs nationaux.

L’existence de 27 superviseurs nationaux différents constitue une des barrières les plus importantes à l’intégration des marchés financiers”, a plaidé le directeur général du Trésor, Bertrand Dumont, lors d’une réunion des ministres européens de l’Economie à Bruxelles, disant soutenir l’objectif d’un accord “d’ici le mois de juin”.

Une position soutenue par la ministre allemande Jeanette Schwamberger, qui a estimé que “le renforcement de la convergence en matière de supervision devrait être notre priorité”.

Pour Bruxelles, la supervision unique constitue une étape vers l’Union de l’épargne et de l’investissement, un projet ambitieux qui vise à dynamiser l’économie européenne en mobilisant l’épargne au service des entreprises, alors qu’elle dort massivement sur des livrets bancaires.

L’Irlande et le Luxembourg s’y opposent

Mais cette réforme doit être approuvée par les Etats membres et le parlement européen, un processus délicat vu les importantes réserves émises par certains pays, en particulier l’Irlande et le Luxembourg, qui craignent un impact négatif sur le secteur des services financiers, d’importance cruciale pour leur croissance.

Des positions sur lesquelles campent les deux pays.

Transformer l’Esma en un superviseur centralisé ne contribuera pas au renforcement du marché unique”, a estimé le ministre luxembourgeois Gilles Roth, appelant à “se concentrer sur l’amélioration de la supervision, plutôt que d’ajouter de la complexité, de la bureaucratie et des coûts”.

Centraliser la supervision n’est pas nécessaire”, a renchéri son homologue irlandais Simon Harris, tout en se disant déterminé à tenter de boucler ce dossier d’ici la fin de l’année, alors que son pays exercera la présidence tournante de l’UE au deuxième semestre.

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