Projet piloteLuxembourg compte les piétons avec un smartphone

Maurice Fick
Ce n'est plus sur des impressions mais sur des données de comptage, collectées grâce aux téléphones portables, que les élus de la Ville de Luxembourg vont désormais prendre des décisions.
© Ville de Luxembourg

Il y a un an, après un printemps cadenassé par la crise sanitaire, des terrasses provisoires fleurissaient rue Notre-Dame, à la place de parking, au cœur de la capitale. Secrètement, la Ville de Luxembourg, a mis en action son projet-pilote et "a compté le flux de piétons", révèle ce mercredi Serge Wilmes.

Le Premier échevin (CSV) en charge des volets Informatique et Commerce peut affirmer aujourd'hui que "cette rue connaît maintenant une affluence beaucoup plus importante qu'avant, grâce aux terrasses. Ça attire plus de gens" et du coup "on a pu pérenniser notre action".

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C'est le but de la mission: s'appuyer sur les données chiffrées d'un système de comptage des piétons pour ensuite actionner les leviers en faveur du commerce, d'une circulation plus fluide ou de la mobilité. En résumé: "gouverner non pas sur des impressions, mais sur des chiffres, sur quelque chose de tangible", pose Serge Wilmes.

COMMENT ÇA MARCHE ?

Le projet "smart city" a été mis en route par le service Développement économique et commercial de la Ville dès 2019 qui a testé toute une floppée de systèmes de comptage avant d'opter pour une solution "maison".

La Ville de Luxembourg a mis en place son système de comptage grâce à ses propres ressources et à son maillage de 800 bornes wifi disséminées sur son grand territoire. Les piétons qui se baladent en ville sont repérés, sans qu'ils ne se connectent à rien. Leurs smartphones envoient un "signal wifi passif" lorsqu'ils passent près d'une borne wifi.

Ces signaux envoyés par les GSM sont enregistrés pour 24 heures sur les serveurs de la Ville mais ces informations "sont complètement anonymisées", assure Serge Wilmes. De sorte qu'elles "ne permettent en aucun cas de retracer vers la personne qui détient le smartphone".

LES PREMIERS ENSEIGNEMENTS

Testé depuis plus d'un an, le projet pilote a déjà permis de tirer des enseignements tangibles. Comme par exemple, l'assurance que le samedi est de loin "le jour le plus fréquenté du centre-ville" avec un nombre de passants qui fluctuent fortement selon la météo mais qui a fortement évolué depuis mars. De 8.000 visiteurs, la Ville est repassée à 72.000 personnes fin mai. Le nombre de passants étant constant depuis la mi-avril.

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La pandémie a été une période de test idéale puisque les phases de confinement et de déconfinement ont permis de mesurer les flux piétonniers de près. Même s'il existe une certaine marge de manoeuvre du fait que plein de personnes ne se baladent ni avec leur GSM, ni leur ordinateur portable et que d'autres, à contrario, en possèdent parfois deux.

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Pendant le premier confinement, le flux a diminué de 80% dans la Ville Haute avant de remonter au fil des décisions gouvernementales de réouvertures. De 140.000 début mars 2020, le flux de visiteurs est tombé plusieurs fois à 20.000 personnes jusqu'en mai 2020. Durant la deuxième vague, "la baisse n'a été que de 20%, les mesures n'étaient plus les mêmes", note Serge Wilmes. Les achats de fin d'année ont décanté la situation pour de bon.

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