
Les femmes à travers le monde ne se voient accorder que les trois quarts des droits des hommes, selon l’étude "Women in Business and Law" de la Banque mondiale qui est le fruit d'une collecte de données au cours des dix dernières années dans les 187 pays enregistrant huit indicateurs retenus pour mesurer l'égalité des droits entre hommes et femmes.
Luxembourg – ainsi que la France, la Belgique, le Danemark, la Lettonie et la Suède – obtient la note maximale de 100. C’est-à-dire que tous les critères sont remplis: les femmes ont les mêmes droits que les hommes pour voyager, créer une entreprise, travailler dans n’importe quel secteur, signer des contrats, obtenir le divorce… L’étude observe aussi la législation en matière de poursuites pour harcèlement sexuel ou pour violences conjugales, de protection des femmes enceintes, de discrimination à l’embauche, de droit à la retraite…
En 2009, le score de Luxembourg était de 94,38, il a évolué à 96,88 en 2012 avec l’introduction du congé de paternité, puis en 2014 avec la loi interdisant la discrimination fondée sur le sexe ou le genre qui font partie de la liste des indices de la Banque mondiale.
Cette évaluation mesure la présence de lois, de protections, de garde-fous, mais ne peut pas tenir compte de leur application. Il y a une décennie, aucune économie ne pouvait se targuer d'avoir obtenu un tel résultat, observe la Banque.
"Si les femmes disposaient de chances égales (à celles des hommes) permettant d'atteindre leur plein potentiel, le monde serait non seulement plus juste, mais aussi plus prospère", a commenté Kristalina Georgieva, présidente par intérim de la Banque mondiale, citée dans un communiqué.
Elle souligne que de nombreux pays mettent en œuvre des réformes allant dans le bon sens. Mais "2,7 milliards de femmes n'ont toujours pas les mêmes choix que les hommes en matière d'emplois", déplore-t-elle.
L'étude conclut que des progrès notables ont été enregistrés puisque la moyenne mondiale est passée de 70 à 75 sur une échelle de 100. En outre, 131 pays ont consenti à mener 274 réformes, adoptant des lois ou des réglementations permettant de mieux intégrer les femmes.
La Banque mondiale ajoute que 35 pays, tels que la Bolivie ou les Maldives, ont introduit des lois contre le harcèlement sexuel au travail, protégeant environ deux milliards de femmes supplémentaires.
Au total, 22 pays ont par ailleurs mis fin aux restrictions imposées aux femmes qui les écartaient de facto de certains secteurs de l'économie.
Ombre au tableau: de trop nombreuses femmes sont encore confrontées à des lois discriminantes ou des régulations à toutes les strates de leur vie professionnelle. Cinquante-six pays n'ont tout simplement rien changé en dix ans.
Par région, c'est en Asie du sud que les progrès ont été les plus importants, même si l'indice reste à un niveau faible (58,36 contre 50 il y a dix ans); suivie de l'Asie du sud-est et du Pacifique (70,73 contre 64,80). L'Amérique latine et les Caraïbes enregistrent le second niveau plus important parmi les pays émergents et en développement (79,09).
À l'inverse, la région Moyen-Orient et l'Afrique du nord affichent le plus faible niveau en matière d'égalité entre hommes et femmes (47,37). La Banque mondiale note toutefois des changements encourageants, comme l'introduction de lois contre les violences domestiques, notamment en Algérie et au Liban