
"Dans un monde où les vérités alternatives et les fake news font de plus en plus partie du quotidien, la profession de journaliste est de plus en plus importante", a déclaré vendredi le président du Conseil de presse, Roger Infalt, lors de la réception de Nouvel An organisée pour la presse au Musée national d’Histoire et d’Art. Il a demandé à cette occasion que le droit d'accès à l'information des journalistes professionnels soit inscrit dans la loi, une revendication du Conseil de presse depuis 18 ans.
La surprise est alors venue de l'annonce du Premier ministre et ministre des Médias. Luc Frieden veut présenter avant l'été au conseil de gouvernement un projet de loi visant à inscrire dans la législation le droit d'accès à l'information pour les journalistes professionnels. Et cela, selon le modèle qui existe dans certains Länder allemands ou en Suisse. Il faudra cependant réfléchir à la manière dont cela sera mis en œuvre, car il n'est pas possible que tous les fonctionnaires soient obligés d'être disponibles 24 heures sur 24 pour répondre aux questions.
Par ailleurs, la définition du journaliste professionnel devra encore être juridiquement clarifiée d’ici l’été. Un point également abordé par Roger Infalt. Selon lui, il n'est pas possible de savoir qui possède une carte de journaliste et exerce toujours un travail journalistique. Certaines personnes travaillent en effet pour des médias qui ne sont pas des médias d'information générale, contrairement à ce qu'exige la loi.

Le Premier ministre a également annoncé un nouveau format pour ses rencontres avec la presse. Au-delà des conférences de presse, il souhaite mener des "conversations au coin du feu", comme il les nomme. Elles auront pour cadre le château de Senningen et divers sujets pourront y être abordés plus en profondeur.
Le Premier ministre a encore annoncé que le gouvernement se réunira mercredi prochain justement au château de Senningen pour définir les priorités des prochaines semaines.
De son côté, le président du Conseil de presse, Roger Infalt, a précisé que le nombre de journalistes est resté stable l'an dernier. Le Luxembourg compte actuellement 442 journalistes en activité, dont 67 en stage et 102 retraités.
Dans le classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, le Luxembourg figure à la 20e place sur 180, alors qu'il a déjà été à la 10e. L'ONG note, entre autres, que la justice et les ministères hésitent à révéler des informations et souligne la proximité des intérêts des journalistes avec le pouvoir politique et économique dans ce petit pays.
Roger Infalt a encore abordé des changements concernant la profession de journaliste. Le code de déontologie va être révisé, notamment dans la perspective du développement de l'intelligence artificielle, qui peut être un instrument utile, mais qui présente aussi des risques en soi.
Ces deux dernières années, une centaine de personnes ont suivi les cours du Conseil de presse, pour obtenir une carte de journaliste. Un Conseil de presse qui va par ailleurs déménager dès le mois prochain à sa nouvelle adresse, le 56 avenue de la Gare (5e étage).