
Cette déclaration s'explique notamment par le fait que le gouvernement pourrait faire en sorte qu'à l'avenir, même sans syndicats, des conventions collectives puissent être négociées dans les entreprises. "C'est une ligne rouge pour nous. C'est un 'No-Go'“, selon le message à faire passer.
Au Luxembourg, environ la moitié des salariés sont actuellement couverts par une convention collective. C'est loin d'être suffisant, estime l'OGBL, mais aussi l'Union européenne. Une directive fixe que le Grand-Duché doit parvenir à un niveau de 80% environ. D'où l'idée que des conventions collectives puissent éventuellement être négociées plus rapidement sans syndicats.
"Nous appelons notre ministre du Travail à ne pas tomber dans ce piège et à n'avoir en aucun cas la mauvaise idée d'ouvrir une brèche." Sans syndicats, les salariés ne disposent pas de l’indépendance et des ressources nécessaires pour négocier des conventions collectives équitables, affirme Nora Back.
Dans la perspective d’une éventuelle réforme des retraites, l’OGBL affirme une fois de plus qu'il fera tout pour protéger le système de retraite par répartition actuel. Il n’y a pas de pensions si élevées dans le système général. En moyenne, un salarié ayant travaillé toute sa vie au Luxembourg perçoit une pension d'environ 3.600 euros. Le risque de pauvreté liée à l'âge est donc réel, selon Nora Back.
Il ne faut pas se laisser aveugler par l’affirmation selon laquelle les petites retraites seront améliorées. Cela ne consisterait qu'à remettre le système de retraite aux assureurs privés, estime la présidente de l'OGBL. "Et ce sera un démantèlement du système de retraite pour tout le monde." Le 9 octobre, l'OGBL et le LCGB ont pour la première fois rendez-vous avec la ministre de la Sécurité sociale, Martine Deprez, pour discuter du système de retraite.
Même les entreprises dans lesquelles l'OGBL est représentée, connaissent de nombreux problèmes. C'est le cas de l'usine Liberty Steel à Dudelange. "Depuis deux ans, plus rien n'est produit et depuis deux ans, les salariés y vivent dans la peur quotidienne", de ce que sera demain et s'ils auront encore un emploi et un salaire. "Ils veulent seulement travailler. Ils ne veulent rien d'autre que poursuivre leur travail et ils ne peuvent pas le faire", explique Nora Back. Entre-temps, quatre ministres du Travail et trois ministres de l'Economie s'en sont occupés, et il n'y a toujours pas de solution, déplore la présidente de l'OGBL.
Dans le dossier Caritas, l'OGBL lance un dernier appel au Premier ministre Luc Frieden pour faire en sorte que ce qui s'est passé ces dernières heures soit rectifié, ce qui signifie que les salariés de Caritas soient repris par HUT via un transfert d'entreprise.